LE MAGAZINE DU COUVRE-PLANCHER PLANCHERS • MURS • PLAFONDS • COMPTOIRS VOUS INFORME DEPUIS DÉJÀ JUILLET•AOÛT•SEPTEMBRE 2026 VOLUME 42 NO 3 DOSSIER ENTREPRISE DESIGN KALK : LE MAÎTRE DE L’ESTIMATION UN TRIO FÉMININ D’ENTREPRENEURES LE DESIGN AU SERVICE DE L’ÉDUCATION
VOL. 42 NO 3 4 VOL. 42 NO 3 5 Soury Communications ltée 2105, rue de Salaberry Saint-Bruno-de-Montarville (Québec) J3V 4N7 Téléphone : 450 441-4243 sourycom@gmail.com magazinesurface.ca RÉDACTION René Laprise Ousséma Ben Mahmoud Yves Rivard Marcel Soucy RÉVISION Carole Hébert IMPRESSION Communimedi Ce magazine est imprimé sur un papier certifié FSC® recyclé 30 % postconsommation. TIRAGE 4 000 exemplaires DÉPÔTS LÉGAUX Bibliothèque nationale du Canada ISSN1490-8417 Bibliothèque nationale du Québec Envoi de publication Convention no 40027121 Le magazine Surface est l’organe d’information de l’industrie du couvre-plancher au Québec. Il est publié quatre fois par année à l’intention des architectes, fabricants, distributeurs, designers d’intérieur, détaillants, décorateurs et poseurs. Les opinions exprimées par les collaborateurs n’engagent qu’eux-mêmes et les annonceurs conservent l’entière responsabilité du contenu et de la forme de leur publicité paraissant dans la revue. Toute reproduction d’articles ou d’illustrations doit clairement mentionner la provenance de cette information. MOT DE L’ÉDITEUR On festoie l’été, on étudie l’automne. 8 DOSSIER Kalk : le maître de l’estimation. 10 ENTREPRISE Un trio féminin d’entrepreneures. 18 CHRONIQUE CENTURA Combattre le bruit par le plancher. 22 CHRONIQUE TAIGA Simplifier la vie des consommateurs. 30 TOURNOI DE GOLF FQRS Du soleil du premier au dernier trou. 34 ARCHITECTURE ET DESIGN Le design au service de l’éducation. 38 COUVERTURE La qualité de l’impression numérique fait son œuvre avec tous les types de revêtements. Les nouveaux stratifiés proposés par Formica en sont la preuve. Des imitations de marbre à s’y méprendre. Pour en savoir un peu plus sur la nouvelle collection Formica, passez à la page 44. NOUVEAUTÉS La collection Formica 2026. 44 BBQ PROSOL Une soirée mémorable signée Prosol. 46 CHRONIQUE ARMSTRONG Un environnement intérieur pour bien étudier. 50 EXPOSITION Pourquoi visiter Expo Design. 51 ÉVÉNEMENTS 2026-2027 Ici et là. 52 SOMMAIRE VOUS INFORME DEPUIS DÉJÀ
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VOL. 42 NO 3 8 VOL. 42 NO 3 9 Dans ce numéro de la rentrée automnale, nous accordons beaucoup d’espace à deux événements estivaux très populaires dans l’industrie du revêtement de sol au Québec : le tournoi de golf de la FQRS et le BBQ du distributeur Prosol. Les organisateurs du tournoi de golf nous ont conviés dans la région de TroisRivières pour cette 79e édition. « Nous voulions être à mi-chemin entre Montréal et Québec afin d’attirer un plus grand nombre de participants qui se trouvent à l’extérieur des grands centres », m’a expliqué Dominique Gagnon, président du conseil d’administration de la Fédération. Il nous promet d’ailleurs de belles surprises pour la 80e édition. Je vous invite à parcourir notre photoreportage en page 34. En ce qui concerne le BBQ de Prosol, le succès de cet événement est fumant. Précédée d’une exposition maison mettant en vedette les produits des multiples fournisseurs de Prosol, cette immense fête champêtre attire plus de 1 200 convives. Au menu : apéro, grillades et accompagnement, et crème glacée à volonté pour les plus gourmands. Pour faire digérer ce repas plus que copieux, un band très énergique entraîne les participants et les participantes sur la piste de danse jusque tard dans la soirée. Un aperçu de cette grande fête vous est proposé en page 46. Après avoir bien fêté, il faut passer aux choses plus sérieuses. C’est pourquoi nous abordons un thème qui devrait susciter davantage l’intérêt de nos politiciens : les infrastructures scolaires. Un récent reportage de La Presse démontrait que de nombreuses écoles situées dans des quartiers défavorisés de Montréal sont de véritables îlots de chaleur. Et on sait qu’en septembre, mai et juin, il peut faire très chaud. Comment peut-on se concentrer dans de telles conditions, autant pour les élèves que pour les enseignants. Taktik design a peut-être une réponse à cette question primordiale. En effet, À l’Externat Sacré-Cœur, Taktik design a transformé un pavillon sportif en véritable milieu de vie où chaque intervention de design favorise l’apprentissage, le mouvement, la créativité et le sentiment d’appartenance. On a mis le design au service de l’éducation. Pour voir les détails de ce beau projet, allez en page 38. Pour appuyer l’importance d’un environnement sain dans les écoles, je vous invite à lire un texte tiré de la publication Building Better Together d’Armstrong, qui porte sur le rôle que joue l’environnement intérieur sur les fonctions cognitives, le bien-être et les performances. À lire en page 50. Et tant qu’à discuter de performance, pourquoi ne pas revenir sur l’IA pour nous aider à améliorer nos performances.quand vient le temps d’évaluer la quantité de matériaux à partir d’un plan? C’est ce qu’a conçu un groupe de jeunes ingénieurs de l’ÉTS grâce au développement d’une application qui s’avère être un génie du calcul des matériaux et, en particulier, des planchers. Yves Rivard, dans un dossier étoffé, brosse le portrait de KALK, le nom de cette jeune entreprise québécoise derrière cette machine à calcul. Si ça vous intéresse, passez à la page 10. Bonne lecture, Éditeur UN ÉTÉ FESTIF ET UN AUTOMNE AXÉ SUR L’ÉDUCATION MOT DE L’ÉDITEUR
VOL. 42 NO 3 10 VOL. 42 NO 3 11 DOSSIER KALK : OPTIMISER L’ESTIMATION DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION Impossible d’en douter, historiquement, le revêtement de sol a toujours été considéré en fin de processus dans l’industrie de la construction. Une réalité qui se trouve aujourd’hui inversée avec le projet de KALK, une jeune entreprise québécoise, fondée notamment par des diplômés de l’École de technologie supérieure (ÉTS), qui développe un logiciel d’IA pour l’estimation automatique des matériaux de construction à partir de plans PDF. Comme l’explique dans ce qui suit Charles Simard, coordonateur de projet et cofondateur, le projet qui permet aux entrepreneurs spécialisés de quantifier rapidement les matériaux pour leurs soumissions est arrivé à maturité et a été testé au sein d’Emard Couvre-Planchers. « Le projet KALK est né en janvier 2025 de l’initiative de quatre cofondateurs qui se sont rencontrés à l’université, révèle Charles Simard. L’idée de départ découle de mon parcours em Technique de l’estimation en construction. Ayant passé quelques années dans le milieu de la gestion de projets, j’ai pris connaissance des différents problèmes et contextes liés à cette étape importante du développement de projets. Même constat du côté de mes collègues, qui ont aussi passé quelques années dans le créneau de la gestion de projets de construction dans différents domaines. Notre conclusion commune : l’estimation est un processus coûteux en temps et en argent, répétitif et toujours effectué manuellement par l’ensemble des entrepreneurs. Le concept s’est alors imposé : ce processus devait être optimisé. » S’ensuit alors une période de recherche de quatre mois effectuée au sein du volet Accélération de l’OBNL Centech, un incubateur d’entreprises montréalais spécialisé dans le domaine des hautes technologies, et particulièrement axé sur les secteurs de la Medtech et de la Deeptech. « L’idée était de vérifier si la possibilité de faciliter les opérations, de réduire les coûts liés à ce processus et d’augmenter l’efficience était possible, explique M. Simard. Existait-il déjà de tels logiciels? L’industrie gagnerait-elle à en utiliser un? Tous les entrepreneurs contactés ont déclaré faire énormément d’estimations sans savoir ce que cela leur coûte réellement, et confirmé faire parfois des erreurs. Nous avions notre réponse. » POUR TOUS LES CORPS DE MÉTIER, MAIS POUR LE REVÊTEMENT DE SOL EN PREMIER C’est à ce moment que l’équipe décide de se lancer dans l’élaboration dudit logiciel capable de permettre une plus grande efficience, de réduire les possibilités d’erreur et de positionner le secteur des revêtements de sol de manière fort avantageuse. Charles Simard explique : « Le logiciel KALK permet aux entrepreneurs spécialisés une extraction automatisée, qui permet d’obtenir en quelques secondes les quantités de matériaux nécessaires pour une division en téléversant simplement un plan au format PDF, sans calculs manuels. À noter : si, à terme, l’outil global KALK inclura tous les corps de métier liés au secteur de la construction, le premier à être modélisé et commercialisé est celui des couvre-planchers. « Nos recherches ont démontré que le maillon le plus faible de la chaîne était celui de l’estimation, obligatoire pour tous les entrepreneurs, mais toujours réalisé manuellement », note M. Simard. Selon lui, à long terme, cette nouvelle manière de faire pourrait avoir des effets intéressants sur l’industrie en général. « Par exemple, une fois le processus d’estimation optimisé par l’utilisation de KALK, cela pourrait même toucher les acheteurs de bâtiments, car les coûts d’estimation seront beaucoup moins onéreux, ce qui se traduira par un prix de vente à la baisse. » UN DÉMO QUI VAUT MILLE MOTS Comme l’un des membres de l’équipe possède de solides bases en développement informatique, le projet se met en branle rapidement à l’interne. Lorsque le démo s’avère prêt en janvier 2026 pour une phase de testage, Charles Simard et ses collègues amorcent une tournée de présentations de leur logiciel d’estimation automatisé auprès d’entreprises émergentes et de différents entrepreneurs, issus de différentes avenues et non seulement du monde de la construction. « Notre argument reposait surtout sur la clarté et la facilité offerte par KALK : lecture des devis techniques, la simplification des points à retenir, aide à la compréhension de projet et, ensuite, rendre le relevé automatique. Le projet a été très bien reçu, et il a donc été sélectionné pour accéder au programme Propulsion du Centech, soit un parcours d’incubation de 24 mois destiné aux entreprises technologiques à fort potentiel de croissance (deeptech). Cette étape soutient les entreprises dans leur stratégie de commercialisation à travers des rencontres avec des entrepreneurs, qui viennent valider nos méthodes et pratiques en la matière. » Afin de voir le parcours de l’équipe se poursuivre, le Centre national de recherches Canada (CNRC) et différents fonds soutiennent l’équipe. « Cela nous a permis de bien faire les choses, de développer une approche et une utilisation simple, claire et optimale. C’est d’ailleurs ce qui a séduit l’entreprise Emard Couvre-Planchers, ce qui lui a donné le goût de s’impliquer, de collaborer », note M. Simard. PROJET PILOTE OUVERT AUX INTÉRESSÉS Une fois Emard Couvre-Planchers établie à titre de conseiller et de partenaire, KALK se bonifie et se peaufine avec l’objectif avoué de devenir un outil d’utilisation à grande échelle. « Cette phase de testage nous permet de valider que KALK correspond exactement à la vision originelle que nous en avions et qu’elle est en mesure de répondre aux meilleures attentes des différents utilisateurs, et non seulement à l’entreprise qui nous a soutenus. KALK, pour bien remplir sa mission et marquer une par Yves Rivard
VOL. 42 NO 3 12 VOL. 42 NO 3 13 nouvelle étape dans le processus d’estimation des matériaux de construction, doit représenter une avancée marquée et des gains importants pour eux, comme l’est la possibilité de n’utiliser qu’un seul logiciel en lieu et place de trois ou quatre outils différents », confirme Charles Simard. Comme l’indique ce dernier, l’équipe en est présentement à contacter différentes entreprises afin d’élargir son bassin de testeurs et de collaborateurs. « Une première cohorte est en développement. Dans le cadre du projet pilote avec Emard Couvre-Planchers, deux fonctionnalités ont été testées rigoureusement : l’analyse intelligente de documents de construction et le relevé automatisé de quantités. Et ça fonctionne, si l’on en croit les données recueillies. « KALK utilise l’IA pour automatiser une partie des analyses de devis, structurer l’information et ainsi accélérer le processus d’estimation, plus uniforme et plus fiable », précise M. Simard. KALK : UN LOGICIEL DE RUPTURE? Devant une telle refonte des méthodes et pratiques et une nouvelle manière d’envisager le processus d’estimation, historiquement fort laborieux, la question mérite certainement d’être posée : KALK risque-t-il de rencontrer une résistance, de générer une controverse auprès des experts faisant de l’estimation manuelle leur gagne-pain? Ce à quoi M. Simard répond : « Je ne crois pas, car il y a toujours un moyen d’avoir de la compétition. Il y en a quelques-uns aux États-Unis, mais pas vraiment au Canada. » Mais lorsque la question se fait plus précise, visant plus particulièrement les firmes d’estimation privées existantes qui se spécialisent dans cette tâche, Charles Simard livre ceci : « KALK ne génère pas de prix, seulement des quantités de matériaux. Ce n’est qu’en toute fin de processus que les quantités se voient marquées d’un prix, mais KALK ne va pas là, ne s’aventure pas dans cette zone grise au Québec. KALK ne s’aventure pas non plus dans la recommandation de matériaux types, locaux ou étrangers. Rien de ça. L’information utilisée se limite strictement à celle contenue dans les plans de l’architecte. Une fois les résultats finaux livrés, l’entrepreneur peut ensuite utiliser ses propres gabarits de prix de la manière qu’il voudra, selon ses ententes avec ses fournisseurs de céramique, de vinyle ou autre. Au final, la concurrence se jouera davantage au niveau des prix qu’au niveau des matériaux. Ce qui, de toute façon, n’aurait jamais dû être le cas. Il faut bien comprendre que KALK ne remplace pas l’estimateur, mais vise à l’aider à cerner et à mieux comprendre chaque projet plus rapidement. » DES CHIFFRES, DES FAITS En soumettant la solution logicielle à l’essai, les données recueillies seraient fort probantes. Charles Simard apporte des précisions : « KALK permet la compréhension du projet plus rapidement, soit à hauteur de 70 % pour la lecture des devis techniques par rapport à une approche manuelle. Il est important de souligner que KALK ne mentionne jamais quoi faire, seulement comment bien le faire. Ensuite, l’utilisateur n’a qu’à y appliquer son propre prix sur sa calculatrice. » À noter : KALK sera offert en ligne, selon une formule d’abonnement mensuel. BONNES MÉTHODES ET GAINS PRATIQUES Un autre fait important à retenir au sujet de KALK tient dans l’expérience utilisateur, pensée et concrétisée pour accélérer, sans sauter d’étape, l’ensemble du processus. Charles Simard livre un aperçu de la simplicité opérationnelle en place. « Une fois l’outil lancé, on ouvre les documents de plans et de devis et on sélectionne la bonne catégorie. L’utilisateur ouvre le devis et peut ainsi prendre de l’avance sur l’estimation en se créant une bibliothèque, en prenant des notes, en posant des questions à l’IA, en établissant une préestimation, en bénéficiant d’une assistance complète. Quand on sait qu’un tel document peut parfois faire plus de 600 pages, voilà une méthode qui saura certainement ravir les experts. Ensuite, lorsqu’on ouvre le plan, il n’y a DOSSIER
VOL. 42 NO 3 14 VOL. 42 NO 3 15 DOSSIER pas de surprise, le relevé est déjà prêt. Du côté des relevés de quantité, KALK permet de reconnaître certains des éléments des plans et d’assister rapidement l’utilisateur dans la structuration des surfaces et des données nécessaires à l’estimation. » LE REGARD VERS L’AVANT Si tout se poursuit sur cette belle lancée, la commercialisation de KALK – volet Couvre-Planchers pourrait débuter quelque part au mois de septembre 2026. « La stratégie, pour l’instant, est d’effectuer le lancement pour les entrepreneurs québécois. Ensuite, KALK pourrait être offert au reste du Canada assez rapidement, selon l’évolution des choses. Notre objectif est et demeure d’identifier des entreprises établies dans leur marché, afin de pouvoir démontrer les avantages de KALK. Donc, si nous visons le marché et de collaborer avec elles, de l’Ontario, nous chercherons des compagnies ontariennes. L’expertise externe, générée directement par des usagers, est toujours celle qui guide nos actions, nos solutions », confie M. Simard. Une fois que le volet Revêtements de sol sera offert à grande échelle, l’équipe prévoit intégrer deux autres secteurs de la construction à son offre destinée à devenir globale. « Pour l’heure, il est question principalement des volets Système intérieur, qui regroupe l’ensemble des travaux d’aménagement et de finition non structuraux qui permettent de diviser, d’isoler et de compléter l’espace à l’intérieur d’un bâtiment; et Revêtement extérieur, qui désigne l’ensemble des matériaux appliqués sur la face externe des murs d’un bâtiment pour constituer sa première ligne de défense contre les intempéries et définir son apparence, précise M. Simard. L’équipe veut bien faire les choses et utiliser la satisfaction des entrepreneurs envers KALK – volet Revêtement de sol pour ensuite les inviter à bénéficier des avantages des volets subséquents. À terme, KALK devrait être le seul logiciel complet. On ne s’y perd pas, tout est clair, l’utilisation est facile et les gains de temps sont très importants », rappelle ce dernier. EN PROCESSUS DE CERTIFICATION Au moment de l’entrevue, soit en juin 2026, l’équipe de KALK en était à valider certains processus de certification auprès des différentes instances de réglementation québécoise de la construction. « Pour l’instant, il ne semble y avoir aucun problème. Tout devrait se faire facilement et rapidement. Si le logiciel ne change jamais rien aux plans, aucune réglementation particulière n’encadre le logiciel, qui ne fait que lire ce qui y est inscrit. Ce qui est le cas de KALK, souligne M. Simard. Bien sûr, pour valider notre outil, différentes certifications et reconnaissances des autorités sont en cours, notamment auprès de la RBQ. Ce qui devrait aussi constituer un bon argument de vente supplémentaire. » Cela dit, l’équipe en est aussi présentement à présenter KALK à différents collèges offrant des programmes techniques de formation en estimation de construction du bâtiment, notamment le Collège Montmorency et le Cégep du Vieux-Montréal. « Voir un produit entièrement québécois être adopté et promu par des instances québécoises serait certainement une reconnaissance formidable », conclut Charles Simard, visiblement fier du travail accompli par son équipe et stimulé par celui qui reste à accomplir. CENTECH, C’EST QUOI? ÉMARD COUVRE-PLANCHERS LIVRE SON VERDICT Ayant répondu présent à titre de collaborateur tout au long de la phase de développement du logiciel KALK, l’entreprise Emard Couvre-Planchers (ECP), qui célèbre son 65e anniversaire de fondation cette année, a accepté de livrer ses impressions à la suite de son expérience d’utilisation. Hugo Émard, vice-président, a donc eu ces quelques mots. « Emard Couvre-Planchers, en tant qu’entreprise familiale, vise toujours à optimiser ses méthodes, ses pratiques, ses relations professionnelles et à réduire ses coûts, explique d’entrée de jeu M. Émard. Comme pour l’ensemble des entreprises offrant un service d’estimation, la charge de travail liée à cette activité, bien que nécessaire pour décrocher des contrats dans le secteur commercial, s’avère importante en matière de main-d’œuvre, d’heures dédiées, etc. Je me suis alors penché sur les possibilités offertes par l’automatisation et l’IA au niveau des relevés de quantité affichés sur les plans. Il faut rappeler qu’au fil des ans, l’entreprise a souscrit à plusieurs outils existants pour aider dans cette tâche, tous imparfaits ou incomplets. Par exemple, nous utilisions un outil complet qui permettait le calcul des tapis et des vinyles en rouleaux, mais ce dernier s’est révélé assez complexe en matière d’utilisation. Aucunement intuitif et très laborieux dans la production d’un plan assez standard en 2D. » POINT DE VUE DE LA FQRS Invité à commenter la conception et l’arrivée prochaine du logiciel KALK au sein de l’industrie québécoise, Dominic Gagnon, président de la FQRS, a eu ces quelques mots : « Il existe déjà quelques logiciels du genre sur le marché, mais aucun qui ne soit de conception québécoise, aucun qui ne semble élaboré de manière aussi intelligente et parfaitement adaptée à notre secteur d’activité. Les autres sont des outils généraux, qui n’entrent pas dans les spécificités du revêtement de sol. Pour la FQRS, un tel outil, élaboré à partir des normes de la construction québécoise, représente certainement un produit intéressant. Une présentation est prévue lors de notre tournoi de golf annuel, qui se tiendra dans les prochains jours, soit quelques semaines seulement avant son lancement officiel à grande échelle. L’ensemble de nos membres sera alors à même d’en découvrir les avantages et bénéfices. »
VOL. 42 NO 3 16 VOL. 42 NO 3 17 DOSSIER KALK : CONCRET ET COMPLET Les possibles changent lorsqu’il rencontre Charles Simard. « J’ai tout de suite compris qu’il ne s’agissait pas d’un projet d’école, mais bien d’un outil professionnel concret et complet. Nos équipes ont passé beaucoup de temps ensemble à échanger et à prendre des notes sur nos attentes en matière de fonctionnalités, d’utilisation, d’interface. Leur objectif a toujours été d’intégrer un maximum de fonctionnalités appréciées des outils existants et de limiter celles jugées problématiques. » La collaboration d’Emard Couvre-Planchers a aussi impliqué le prêt de plans et devis visant à entraîner l’IA de KALK. Depuis l’intégration du logiciel dans les activités quotidiennes, l’équipe d’ECP note plusieurs changements, plusieurs gains. M. Émard précise : « Dans cette belle aventure, notre équipe a grandement apprécié la volonté et la capacité de l’équipe KALK à prendre acte de nos recommandations et d’apporter les correctifs nécessaires de manière très rapide, en moins de 24 heures. » Une proactivité qui permet au logiciel de s’optimiser rapidement, toujours selon Hugo Émard. Qui dit nouvel outil dit nécessaire formation. Pour assurer une intégration réussie, l’équipe de KALK se déplace chez ECP en février, question d’y faire une présentation et d’assurer une formation personnalisée auprès des employés visés. « Quelqu’un ayant déjà utilisé un logiciel de calcul et d’estimation en ligne ne sera pas du tout dépaysé, note M. Émard. C’est très intuitif, c’est similaire à ce qui existe sur le marché, mais c’est très rapide, très précis et complet. Il évite bien des erreurs, permet un gain de productivité important et permet une vue d’ensemble de chaque projet, ce qui est très apprécié, particulièrement dans les cas plus complexes, comme ceux d’une école, par exemple. Et il importe certainement de souligner que les calculs sont faits à partir de données issues de plans du Québec, de nos normes de construction, ce qui est très différent des autres logiciels offerts sur le marché. » COLLABORATION ET CONCURRENCE Alors que la date de commercialisation à grande échelle approche à grands pas, l’avantage concurrentiel généré par l’utilisation de KALK, notamment la possibilité de hausser le nombre de soumissions possibles vu l’important gain en temps réalisé, est appelé à disparaître chez ECP, ou plus précisément à se niveler au même niveau que les autres entreprises qui intégreront KALK. « Nous avons réfléchi à cette idée en cours de route, il va sans dire. Comme cela faisait partie du plan dès le début, l’équipe d’Emard Couvre-Planchers a choisi de voir KALK comme une optimisation pour l’industrie du revêtement de sol québécoise. Une occasion pour le marché de se positionner de manière proactive, de poursuivre son évolution de manière à demeurer toujours plus attractif. Cela risque aussi de réduire considérablement les possibilités d’erreur et, plus précisément, les disparités existant entre les différents prix résultant d’erreurs manuelles, fait valoir Hugo Émard. KALK devrait permettre à l’industrie québécoise de repartir sur les mêmes bases, avec des gains de productivité, des réductions de temps de traitement et des évitements d’erreurs. C’est ainsi qu’Emard Couvre-Planchers voit les choses », conclut Hugo Émard, passé de collaborateur volontaire à utilisateur convaincu. À noter : au moment où vous lirez ces lignes, le projet KALK aura été officiellement présenté lors de la 79e édition du tournoi de golf de la Fédération québécoise des revêtements de sol (FQRS), qui s’est tenu le 18 août 2026 au Club de golf Godefroy, à Bécancour. Points clés de KALK : Technologie : utilisation de l’intelligence artificielle pour l’extraction de quantités à partir de plans numériques; Objectif : réduire le temps, les coûts et les erreurs liés à l’estimation manuelle; Origine : fondée par quatre entrepreneurs en génie de la construction et informatique. Lien avec l’ÉTS : un des cofondateurs est un ancien étudiant de l’ÉTS Montréal. Site web : kalk.ca
VOL. 42 NO 3 18 VOL. 42 NO 3 19 ENTREPRISE LA TEAM : LE TRIO FÉMININ DE LA CONSTRUCTION FAIRE LES CHOSES AUTREMENT : L’HISTOIRE DE LA TEAM « Nous nous sommes rencontrées par l’entremise des Elles de la construction, un organisme qui nous tient particulièrement à cœur et dont la mission est de favoriser la place, le développement et la reconnaissance des femmes dans une industrie encore largement masculine », explique Mara Costachescu, l’une des trois membre de ce trio féminin d’entrepreneures. Les Elles contribuent à créer des liens, à favoriser le réseautage et à offrir des occasions de formation et de développement professionnel. En 2026, les femmes représentaient à peine plus de 4 % de la main-d’œuvre sur les chantiers au Québec. « Nous croyons fondamentalement que la diversification des équipes, autant sur le terrain que dans les postes de gestion, contribue à enrichir l’industrie en apportant des perspectives et des façons de travailler différentes », poursuit-elle. D’ailleurs, le programme F.I.C. (femme, intégration, construction), mis en place par Les Elles et chapeauté par Stéphanie Lévesque, s’inscrit dans cette même volonté en favorisant l’intégration et le développement des femmes dans l’industrie de la construction, notamment par l’acquisition de connaissances, le développement du réseau et une meilleure compréhension des réalités du milieu. « Au fil de nos échanges, nous avons constaté qu’il existait un réel besoin d’accompagnement dans les projets de rénovation. Un accompagnement basé sur la communication, l’écoute, la coordination et la présence. Pour nos clients, rénover leur chez-soi représente souvent un investissement important, tant financièrement qu’humainement, et nous croyons qu’ils méritent d’être accompagnés avec autant d’attention que de rigueur », enchaîne-t-elle. C’est de cette volonté qu’est née La Team. Les trois entrepreneures ont combiné leurs forces et leurs expertises complémentaires pour offrir une approche intégrée, de la planification Stéphanie Lévesque est entrepreneure générale, formatrice et ébéniste de formation. Détentrice de sa licence d’entrepreneur général depuis 2015, elle possède une vaste expérience en rénovation résidentielle, particulièrement en menuiserie et en charpenterie. Chroniqueuse et auteure de plusieurs ouvrages sur la rénovation résidentielle, elle est également impliquée dans la formation des professionnels de l’industrie. Au sein de La Team, elle apporte son expertise technique et assure la coordination des chantiers, faisant le lien entre la planification et la réalisation concrète des travaux. Judive Jean-Gilles est entrepreneure, formatrice et présidente de Cygne Béton, une entreprise québécoise spécialisée dans le béton architectural et les créations sur mesure haut de gamme. Détentrice de sa licence d’entrepreneur général depuis 2022, elle possède une solide expérience en gestion de projets et en développement d’entreprise. Au sein de La Team, elle assure la structuration de l’entreprise, la gestion administrative et les ressources humaines. Mara Costachescu est designer d’intérieur certifiée APDIQ et chargée de projets depuis 2009. Spécialisée en rénovations résidentielles majeures et en constructions neuves, elle possède une solide expertise technique en conception, planification et coordination de projets complexes. Son parcours dans le design et la construction lui permet de faire le lien entre la vision du client, les professionnels impliqués et la réalité du chantier. Au sein de La Team, elle assure la gestion et la coordination des projets, de la conception à la réalisation.
VOL. 42 NO 3 20 VOL. 42 NO 3 21 ENTREPRISE à la réalisation, fondée sur la collaboration avec leurs clients, les sous-traitants et les fournisseurs, ainsi que sur une communication claire et une vision globale du projet. Leur objectif : offrir un véritable accompagnement, plus humain, structuré et transparent, pour rassurer leurs clients et les guider à chaque étape de leur projet. « Nous n’en sommes qu’à notre première année d’activité et déjà nous avons eu la chance de réaliser plusieurs beaux projets d’envergure. De la rénovation ciblée d’une chambre d’enfant à la transformation complète d’une résidence, nous réalisons des projets variés : rénovations majeures, cuisines, salles de bain, mobilier intégré et aménagements sur mesure », de conclure Mara. Suivez l’aventure de La Team sur les réseaux sociaux @lateam_construction @La Team lateam.ca
VOL. 42 NO 3 22 VOL. 42 NO 3 23 CHRONIQUE CENTURA Dans les immeubles résidentiels comme commerciaux, le confort acoustique est devenu un critère incontournable dans le choix d’un revêtement de sol. Le « vinyle acoustique » s’impose aujourd’hui comme une solution alliant esthétique soignée, durabilité et hautes performances sonores. POURQUOI CHOISIR UN REVÊTEMENT DE VINYLE ACOUSTIQUE? Le vinyle acoustique présente de nombreux atouts, aussi bien dans les espaces résidentiels que dans les environnements professionnels. Résistant à l’usure, à l’humidité et aux taches, il réduit efficacement la transmission des bruits d’impact à la marche, des déplacements de meubles ou des chutes d’objets, qui constituent les principales sources de nuisances sonores dans un immeuble. Dans des espaces à forte fréquentation, cette performance acoustique contribue directement au bienêtre des occupants et à leur qualité de vie au quotidien. LES CRITÈRES ESSENTIELS À CONSIDÉRER Performance acoustique Selon M. Pierre Sauvé, représentant principal chez Inter Source : « Avant de faire votre choix, il est indispensable de vérifier les indices acoustiques du produit en vous référant aux normes ASTM spécifiquement dédiées aux revêtements de sol. » ASTM E989 : C’est le standard de classification pour la détermination de l’indice d’isolement aux bruits d’impact. Ce standard calcule et définit la cote de référence spécialement adaptée aux revêtements de sol. Cette classification inclut (IIC), (AIIC) et (ΔIIC) ASTM E492 (IIC) : Il s’agit d’un test effectué en laboratoire qui mesure la transmission des bruits d’impact à travers un assemblage complet plancher-plafond. Les résultats sont exprimés en IIC (indice d’Isolement aux bruits d’Impact). Il est principalement destiné aux espaces de travail, comme les bureaux, les cliniques ou les commerces, où un indice supérieur à 65/73 IIC est généralement considéré comme acceptable pour la majorité de ces installations. Ce test ne s’applique toutefois pas aux résidences ou aux appartements, puisque ceux-ci ne comportent généralement pas de plafond suspendu. ASTM E1007 (AIIC) : Test réalisé directement sur un site et non en laboratoire à travers un assemblage plancher-plafond réel. Les résultats sont exprimés en AIIC (Apparent Impact Insulation Class). Un indice AIIC ≥ 55 est acceptable. ASTM E2179 : (ΔIIC) : Ce test en laboratoire mesure l’amélioration nette apportée par le revêtement de sol dans la réduction de la transmission sonore par impact, à travers une dalle de béton nue sans plafond suspendu. L’indicateur Delta IIC (ΔIIC) est évalué en testant d’abord la dalle de béton seule, sans aucun revêtement au-dessus ni plafond en dessous. On enregistre ce premier résultat, puis on installe sur le béton un revêtement de sol aux propriétés acoustiques (toujours sans plafond suspendu) avant de répéter le même test. Le second résultat est ensuite comparé au premier : l’indice Delta (ΔIIC) correspond au gain de performance obtenu entre les deux essais. Un indice plus élevé, tel que Delta IIC (ΔIIC 24), montre de meilleures performances. Cet indice (ΔIIC) est la meilleure valeur à prendre en considération lors de la comparaison des performances acoustiques de différents types de revêtements de sol pour les installations en milieu résidentiel, ajoute M. Sauvé. CHOISIR SON REVÊTEMENT DE SOL ACOUSTIQUE : CRITÈRES ESSENTIELS POUR LES ESPACES RÉSIDENTIELS ET COMMERCIAUX LES PRINCIPALES SOLUTIONS OFFERTES SUR LE MARCHÉ Types de revêtements vinyle acoustiques LVT : (Dalle Vinyle) Parfait pour imiter l’effet pierre, marbre ou béton, le LVT offre une grande liberté de pose et convient particulièrement aux espaces à trafic élevé ou aux designs contemporains. Utilisé principalement dans les espaces commerciaux, notamment dans les zones à densité de circulation moyenne, le LVT présente une épaisseur de 4 à 5 mm. Sa rigidité et sa densité en font un choix robuste, particulièrement adapté à certains environnements tel que les bureaux, les boutiques, les cafétérias ou les corridors. LVP : (Planchette de vinyle) Idéal pour reproduire fidèlement l’apparence du bois naturel, le LVP séduit par sa polyvalence et son rendu esthétique soigné. Il s’adapte aussi bien aux espaces résidentiels que commerciaux selon sa construction et sa couche d’usure. Pour les espaces résidentiels et commerciaux, une épaisseur de 4 à 5 mm est recommandée, avec des propriétés acoustiques intégrées. VINYLE EN ROULEAU Le vinyle en rouleau présente l’avantage d’éliminer les joints multiples, ce qui peut améliorer la performance acoustique globale et une continuité sonore. Confortable pour le marcheur, il existe également en version haute densité, offrant un meilleur amorti, une stabilité accrue sous les pieds et une isolation aux bruits, confirme M. Normand Paquette, spécialiste des produits FORBO par Centura. Pour les revêtements commerciaux en rouleau, l’épaisseur varie typiquement de 2,4 à 3,4 mm. Le rouleau compense par l’absence de joints et une densité souvent plus élevée, garantissant un bon niveau de performance acoustique et un confort continu sur l’ensemble de la surface, comme en témoigne la gamme Sarlon Acoustique de Forbo, distribuée chez Centura. Au-delà de l’épaisseur totale, la qualité du traitement de surface est le véritable garant de la durabilité du produit. La couche d’usure demeure toutefois un indicateur clé de longévité : plus elle est épaisse, plus le revêtement résiste à l’usure, aux passages répétés et aux contraintes mécaniques, un critère particulièrement décisif dans les zones à forte circulation. L’IMPORTANCE D’UNE SOUS-COUCHE ACOUSTIQUE Même en optant pour un revêtement vinyle de qualité, la sous-couche (membrane séparée) demeure un élément incontournable pour maximiser les performances acoustiques de l’ensemble du système de sol, tel que les laminés ou SPC sans endos. La sous-couche joue un rôle principal dans l’amortissement : elle agit comme une barrière entre le revêtement et le sous-plancher, absorbant les vibrations générées par les bruits d’impact, qu’il s’agisse de pas, de chutes d’objets ou de déplacements de meubles, et limitant ainsi leur transmission d’un étage à l’autre. Elle contribue de cette façon directement au confort acoustique des occupants. LES MATÉRIAUX PERFORMANTS Le liège naturel a une excellente absorption acoustique, il est un matériau naturel et durable, particulièrement efficace contre les bruits d’impact. Il offre également de bonnes propriétés thermiques.
VOL. 42 NO 3 24 VOL. 42 NO 3 25 CHRONIQUE CENTURA Les sous-couches expansées haute densité, attachées au revêtement de sol, sont une solution économique et largement répandue; elles assurent un bon amorti au marcheur et une réduction efficace des bruits d’impact dans les installations résidentielles et commerciales. Les membranes composites combinant différents matériaux, offrent des performances acoustiques comparables et sont souvent privilégiées dans les projets exigeant des indices (IIC), (AIIC) ou (ΔIIC) acceptables. BON À SAVOIR Certains revêtements SPC (synthèse de polymère et calcaire) offrent directement une sous-couche préattachée. Elle procure une praticité et une économie indéniable à la pose, et ses performances restent généralement semblables à celles d’une sous-couche indépendante de qualité, posée séparément. MOT DE LA FIN Choisir un revêtement vinyle acoustique va bien au-delà de la simple question esthétique. Pour faire le bon choix, il convient d’évaluer avec soin la performance sonore du produit, sa durabilité, la méthode d’installation adaptée au contexte, ainsi que la qualité de la sous-couche retenue ou du revêtement du sol lui-même. Un choix judicieux permet non seulement d’améliorer le confort quotidien des occupants, mais également de valoriser la qualité perçue du logement ou de l’espace de travail. Investir dans un vinyle acoustique bien adapté à ses besoins, c’est choisir un environnement plus calme, plus confortable et conçu pour durer.
VOL. 42 NO 3 26 VOL. 42 NO 3 27 Rejoindre Flordeco : un levier de croissance pour les détaillants de couvre-planchers Dans un marché en constante évolution, s’entourer de bons partenaires fait toute la différence. Flordeco offre aux détaillants indépendants une structure solide pour soutenir leur croissance, tout en préservant leur autonomie. Notre réseau est bâti sur des valeurs solides. Collaboration, entraide et professionnalisme sont au cœur de notre approche et guident chacune de nos actions. En intégrant le réseau, vous bénéficiez d’un pouvoir d’achat accru grâce à des ententes commerciales compétitives, ainsi que d’un accompagnement stratégique adapté à votre réalité terrain. Notre équipe du siège social agit comme un véritable partenaire d’affaires, en appui aux opérations, au marketing et au développement. Flordeco permet aux marchands locaux de rivaliser avec les grandes bannières de l’industrie, en combinant leur expertise terrain à la force d’un réseau structuré. Cette synergie donne accès à des outils performants, incluant un plan marketing clé en main, des campagnes nationales, du contenu numérique, des circulaires et un extranet complet regroupant données, formations et ressources. Au cœur de l’approche Flordeco se trouve une réelle culture de collaboration. Les détaillants profitent de la force du groupe, de l’entraide entre marchands et du partage de bonnes pratiques. Un avantage concret pour évoluer plus rapidement et prendre des décisions éclairées. Choisir Flordeco, c’est joindre une bannière qui combine expertise, performance et proximité, pour aller plus loin ensemble. PUBLIREPORTAGE
VOL. 42 NO 3 28 VOL. 42 NO 3 29
VOL. 42 NO 3 30 VOL. 42 NO 3 31 CHRONIQUE TAIGA ORIGINAIRE DE TROIS-RIVIÈRES, RENÉ LAPRISE A SERVI PENDANT 12 ANS AU SEIN DU 12E RÉGIMENT BLINDÉ DU CANADA, BASÉ À TROIS-RIVIÈRES. TITULAIRE D’UNE FORMATION EN PÉTROCHIMIE DU COLLÈGE DE MAISONNEUVE, IL EST ÉGALEMENT INSPECTEUR ACCRÉDITÉ PAR LA NALFA (NORTH AMERICAN LAMINATE FLOORING ASSOCIATION). IL ÉVOLUE DANS L’INDUSTRIE DU COUVRE-SOL DEPUIS 2007 ET A OCCUPÉ PLUSIEURS POSTES CLÉS, NOTAMMENT REPRÉSENTANT, ACHETEUR ET DIRECTEUR DES ACHATS, LUI DONNANT UNE COMPRÉHENSION COMPLÈTE DE LA CHAÎNE DE VALEUR DU SECTEUR. IL EST ACTUELLEMENT DIRECTEUR NATIONAL DU PLANCHER CHEZ TAIGA PRODUITS DE BÂTIMENT, OÙ IL MET À PROFIT SON EXPÉRIENCE TERRAIN ET STRATÉGIQUE POUR SOUTENIR LA CROISSANCE ET LE DÉVELOPPEMENT DE L’ENTREPRISE À L’ÉCHELLE NATIONALE. Il y a vingt ans, vendre un couvre-plancher était relativement simple. Un consommateur entrait dans un magasin et devait généralement choisir entre le bois franc, le tapis, le vinyle ou le stratifié. La conversation portait surtout sur le style, le budget et la durabilité. Aujourd’hui, il suffit de regarder les échantillons et les présentoirs dans un magasin pour constater à quel point les choses ont changé : SPC, WPC, EPC, LVT, hybride, stratifié hydrofuge, bois d’ingénierie, Loose Lay… et j’en passe. En fait, ce n’est que le début. Il faut maintenant choisir entre un clic angle-angle, un Drop Lock, un Unifit, un 5G, un Unidrop, un T&G et bien d’autres technologies de verrouillage. Pour nous, c’est notre langage quotidien. Pour le consommateur, c’est parfois comme essayer de comprendre une autre langue. Et c’est là que je me pose une question : à force d’innover et de multiplier les choix, sommes-nous en train de compliquer inutilement l’achat d’un couvre-plancher? QUAND TROP DE CHOIX DEVIENT UN PROBLÈME L’industrie parle souvent de « paralysie par l’analyse ». Plus on offre de choix, plus il peut devenir difficile pour le consommateur de prendre une décision. Je pense que nous sommes rendus là dans le couvre-plancher. Un client entre dans un magasin avec une idée relativement simple : il veut refaire son sous-sol, sa cuisine ou son salon. Il veut quelque chose de beau, durable et qui respecte son budget. Mais après quelques minutes, il doit comprendre la différence entre un SPC et un WPC, déterminer si un stratifié hydrofuge pourrait convenir, comparer différentes épaisseurs, différentes couches d’usure et plusieurs systèmes de clic. D’UN SIMPLE PROJET DE RÉNOVATION À UN COURS DE SCIENCE DES MATÉRIAUX Je caricature un peu, mais à peine. Et le problème n’est pas seulement que le consommateur ne comprend pas tout. C’est surtout qu’il ne sait plus nécessairement quoi comparer. Il peut finir par choisir le produit le moins cher, celui qui a la plus longue garantie ou simplement celui qui lui semble le plus populaire. Est-ce vraiment la meilleure façon de choisir un plancher qui va rester dans sa maison pendant 10, 15 ou 20 ans? LE COUVRE-PLANCHER EST-IL DEVENU TROP COMPLEXE POUR LE CONSOMMATEUR? L’INNOVATION N’EST PAS LE PROBLÈME Soyons clairs : je ne suis absolument pas contre l’innovation. Au contraire. Notre industrie a énormément progressé. Les produits sont plus performants, les visuels sont beaucoup plus réalistes, la résistance à l’eau s’est améliorée et les systèmes d’installation sont de plus en plus efficaces. Le problème n’est pas la technologie. Le problème, c’est la façon dont nous la présentons au consommateur. Prenons le SPC. Pour un fabricant ou un distributeur, il est intéressant de parler de sa composition, de sa stabilité dimensionnelle ou de la technologie utilisée pour fabriquer son noyau, mais le propriétaire qui rénove sa maison ne se lève pas le matin en se demandant quelle est la densité du noyau de son futur plancher. Il veut savoir quelque chose de beaucoup plus simple : • Est-ce que c’est le bon produit pour ma maison? • Est-ce que ça va résister aux enfants? • Aux griffes du chien? • Aux bottes d’hiver? • À une fuite du lave-vaisselle? • Est-ce que c’est facile d’entretien? • Est-ce que c’est un plancher avec une bonne garantie? C’est ce genre de questions que les consommateurs se posent avant l’achet de leur nouveau plancher. De notre côté, nous avons parfois tendance à vendre la technologie plutôt que la solution. Et je pense que nous devons revenir à la solution. LE RÔLE DU DÉTAILLANT ÉVOLUE Cette complexité change également le rôle du conseiller en magasin. Le bon vendeur n’est plus celui qui connaît le plus de produits. C’est celui qui sait poser les bonnes questions : où le plancher sera-t-il installé? Y a-t-il des enfants ou des animaux? La pièce est-elle exposée à l’humidité? Quel est votre budget? Le client prévoit-il de rester longtemps dans la propriété? Est-ce une maison neuve, une rénovation ou un projet locatif? Ces questions permettent souvent d’éliminer 80 % des produits avant même de commencer à parler de SPC, d’EPC ou de stratifiés. C’est là que le détaillant apporte sa vraie valeur. Parce qu’aujourd’hui, le consommateur arrive souvent en magasin après avoir fait ses devoirs : recherches sur Google, vidéos YouTube, avis de ChatGPT, commentaires d’autres consommateurs et comparaison de dizaines de produits. En quelques heures, il peut accumuler énormément d’informations… sans nécessairement savoir laquelle est vraiment pertinente pour son projet. Ce qu’il ne peut pas toujours faire seul, c’est déterminer lequel parmi ces dizaines produits est réellement adapté à son projet. C’est là que le conseiller devient important. Il ne doit pas simplement présenter des produits. Il doit simplifier la décision. LES FABRICANTS ONT AUSSI UNE RESPONSABILITÉ Les détaillants ne peuvent toutefois pas porter seuls cette responsabilité. Nous, les fabricants et les distributeurs, devons aussi regarder notre façon de communiquer. Depuis plusieurs années, nous avons multiplié les noms de collections, les technologies, les certifications, les appellations et les arguments marketing.
VOL. 42 NO 3 32 CHRONIQUE TAIGA Chaque nouveau produit arrive avec une nouvelle histoire. Et je comprends pourquoi. Nous voulons différencier nos produits. Nous voulons démontrer notre innovation. Nous voulons expliquer pourquoi notre technologie est meilleure. Mais à un moment donné, il faut se demander si le consommateur fait encore la différence. Pour un professionnel de l’industrie, deux technologies peuvent avoir des différences importantes. Pour un Monsieur-Tout-leMonde, elles peuvent simplement ressembler à deux planchers de la même couleur. Alors pourquoi ne pas commencer par l’application? Au lieu de dire uniquement : « Nouveau noyau SPC avec technologie X et système de verrouillage Y », pourquoi ne pas tout simplement dire que ce produit est idéal pour un sous-sol, une famille avec des animaux ou une pièce où l’on veut une bonne résistance à l’humidité? Le consommateur comprend immédiatement. Il n’a pas besoin de devenir expert en couvre-plancher pour faire un bon choix. LE PRIX N’EST PAS TOUJOURS LE PROBLÈME Il y a un autre élément que nous devons reconnaître. Lorsque le consommateur ne comprend pas clairement la différence entre deux produits, le prix devient souvent le principal outil de comparaison. Et c’est normal. Si deux produits semblent identiques aux yeux du client, pourquoi paierait-il 50 cents ou 1 $ de plus le pied carré? C’est notre responsabilité de lui démontrer ce qu’il obtient de plus. Pas nécessairement avec une fiche technique de trois pages. AVEC UNE EXPLICATION SIMPLE. « Celui-ci coûte plus cher parce qu’il offre une meilleure résistance à l’eau. Celui-ci est plus stable pour cette application. Celui-ci est plus approprié si vous avez un chien et beaucoup de circulation. » La valeur doit être comprise avant d’être payée. Choisir le bon produit pour la bonne application. Je ne crois pas qu’il existe aujourd’hui un produit qui soit meilleur que tous les autres. Et je pense que notre industrie devrait arrêter de chercher à faire croire le contraire. Un stratifié hydrofuge peut être une excellente solution pour certaines applications résidentielles. Un SPC peut être le meilleur choix pour une zone très sollicitée ou exposée à l’humidité. Un bois d’ingénierie peut demeurer la meilleure option pour quelqu’un qui recherche une apparence haut de gamme et une valeur perçue différente. Un produit Loose Lay peut répondre à un besoin très particulier. Chaque technologie a ses forces. Et chaque technologie a ses limites. Le meilleur produit n’est donc pas nécessairement celui qui possède la meilleure fiche technique. C’est celui qui répond le mieux au besoin. Et si nous simplifions plutôt que d’ajouter? Notre industrie est dans une période extraordinaire d’innovation. Et je ne pense pas que cela va ralentir. Nous allons continuer à voir de nouvelles technologies, de nouveaux noyaux, de nouveaux systèmes d’installation et de nouveaux produits. C’est une bonne chose. Mais peut-être que notre prochain grand défi ne sera pas de créer une nouvelle catégorie. Ce sera de rendre toutes ces catégories plus faciles à comprendre. Le consommateur ne devrait pas avoir besoin de devenir expert en couvre-plancher pour choisir son plancher. Il devrait pouvoir entrer dans un magasin, expliquer son projet et compter sur un professionnel pour l’aider à faire le bon choix. À mon avis, c’est là que nous avons une vraie occasion de nous démarquer. Parce qu’au bout du compte, le meilleur couvreplancher n’est pas celui qui possède le plus grand nombre de caractéristiques techniques. C’est celui qui répond au besoin du client, qui respecte son budget et qui lui permet de repartir du magasin en étant certain d’avoir fait le bon choix. Et peut-être que la prochaine grande innovation de notre industrie ne sera pas un nouveau type de plancher. Ce sera simplement de rendre le choix du bon plancher beaucoup plus simple.
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