VOL. 42 NO 3 10 VOL. 42 NO 3 11 DOSSIER KALK : OPTIMISER L’ESTIMATION DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION Impossible d’en douter, historiquement, le revêtement de sol a toujours été considéré en fin de processus dans l’industrie de la construction. Une réalité qui se trouve aujourd’hui inversée avec le projet de KALK, une jeune entreprise québécoise, fondée notamment par des diplômés de l’École de technologie supérieure (ÉTS), qui développe un logiciel d’IA pour l’estimation automatique des matériaux de construction à partir de plans PDF. Comme l’explique dans ce qui suit Charles Simard, coordonateur de projet et cofondateur, le projet qui permet aux entrepreneurs spécialisés de quantifier rapidement les matériaux pour leurs soumissions est arrivé à maturité et a été testé au sein d’Emard Couvre-Planchers. « Le projet KALK est né en janvier 2025 de l’initiative de quatre cofondateurs qui se sont rencontrés à l’université, révèle Charles Simard. L’idée de départ découle de mon parcours em Technique de l’estimation en construction. Ayant passé quelques années dans le milieu de la gestion de projets, j’ai pris connaissance des différents problèmes et contextes liés à cette étape importante du développement de projets. Même constat du côté de mes collègues, qui ont aussi passé quelques années dans le créneau de la gestion de projets de construction dans différents domaines. Notre conclusion commune : l’estimation est un processus coûteux en temps et en argent, répétitif et toujours effectué manuellement par l’ensemble des entrepreneurs. Le concept s’est alors imposé : ce processus devait être optimisé. » S’ensuit alors une période de recherche de quatre mois effectuée au sein du volet Accélération de l’OBNL Centech, un incubateur d’entreprises montréalais spécialisé dans le domaine des hautes technologies, et particulièrement axé sur les secteurs de la Medtech et de la Deeptech. « L’idée était de vérifier si la possibilité de faciliter les opérations, de réduire les coûts liés à ce processus et d’augmenter l’efficience était possible, explique M. Simard. Existait-il déjà de tels logiciels? L’industrie gagnerait-elle à en utiliser un? Tous les entrepreneurs contactés ont déclaré faire énormément d’estimations sans savoir ce que cela leur coûte réellement, et confirmé faire parfois des erreurs. Nous avions notre réponse. » POUR TOUS LES CORPS DE MÉTIER, MAIS POUR LE REVÊTEMENT DE SOL EN PREMIER C’est à ce moment que l’équipe décide de se lancer dans l’élaboration dudit logiciel capable de permettre une plus grande efficience, de réduire les possibilités d’erreur et de positionner le secteur des revêtements de sol de manière fort avantageuse. Charles Simard explique : « Le logiciel KALK permet aux entrepreneurs spécialisés une extraction automatisée, qui permet d’obtenir en quelques secondes les quantités de matériaux nécessaires pour une division en téléversant simplement un plan au format PDF, sans calculs manuels. À noter : si, à terme, l’outil global KALK inclura tous les corps de métier liés au secteur de la construction, le premier à être modélisé et commercialisé est celui des couvre-planchers. « Nos recherches ont démontré que le maillon le plus faible de la chaîne était celui de l’estimation, obligatoire pour tous les entrepreneurs, mais toujours réalisé manuellement », note M. Simard. Selon lui, à long terme, cette nouvelle manière de faire pourrait avoir des effets intéressants sur l’industrie en général. « Par exemple, une fois le processus d’estimation optimisé par l’utilisation de KALK, cela pourrait même toucher les acheteurs de bâtiments, car les coûts d’estimation seront beaucoup moins onéreux, ce qui se traduira par un prix de vente à la baisse. » UN DÉMO QUI VAUT MILLE MOTS Comme l’un des membres de l’équipe possède de solides bases en développement informatique, le projet se met en branle rapidement à l’interne. Lorsque le démo s’avère prêt en janvier 2026 pour une phase de testage, Charles Simard et ses collègues amorcent une tournée de présentations de leur logiciel d’estimation automatisé auprès d’entreprises émergentes et de différents entrepreneurs, issus de différentes avenues et non seulement du monde de la construction. « Notre argument reposait surtout sur la clarté et la facilité offerte par KALK : lecture des devis techniques, la simplification des points à retenir, aide à la compréhension de projet et, ensuite, rendre le relevé automatique. Le projet a été très bien reçu, et il a donc été sélectionné pour accéder au programme Propulsion du Centech, soit un parcours d’incubation de 24 mois destiné aux entreprises technologiques à fort potentiel de croissance (deeptech). Cette étape soutient les entreprises dans leur stratégie de commercialisation à travers des rencontres avec des entrepreneurs, qui viennent valider nos méthodes et pratiques en la matière. » Afin de voir le parcours de l’équipe se poursuivre, le Centre national de recherches Canada (CNRC) et différents fonds soutiennent l’équipe. « Cela nous a permis de bien faire les choses, de développer une approche et une utilisation simple, claire et optimale. C’est d’ailleurs ce qui a séduit l’entreprise Emard Couvre-Planchers, ce qui lui a donné le goût de s’impliquer, de collaborer », note M. Simard. PROJET PILOTE OUVERT AUX INTÉRESSÉS Une fois Emard Couvre-Planchers établie à titre de conseiller et de partenaire, KALK se bonifie et se peaufine avec l’objectif avoué de devenir un outil d’utilisation à grande échelle. « Cette phase de testage nous permet de valider que KALK correspond exactement à la vision originelle que nous en avions et qu’elle est en mesure de répondre aux meilleures attentes des différents utilisateurs, et non seulement à l’entreprise qui nous a soutenus. KALK, pour bien remplir sa mission et marquer une par Yves Rivard
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