Magazine Surface Vol. 42 No 1

LE MAGAZINE DU COUVRE-PLANCHER PLANCHERS • MURS • PLAFONDS • COMPTOIRS VOUS INFORME DEPUIS DÉJÀ JANVIER•FÉVRIER•MARS 2026 VOLUME 42 NO 1 DOSSIER PORTRAIT ENTREPRISE SEMAINE DESIGN DE MONTRÉAL PIERRE SAUVÉ : 60 ANS AU SERVICE DU PLANCHER LE PAPIER PEINT N’A PAS DIT SON DERNIER MOT

VOL. 42 NO 1 4 VOL. 42 NO 1 5 Soury Communications ltée 2105, rue de Salaberry Saint-Bruno-de-Montarville (Québec) J3V 4N7 Téléphone : 450 441-4243 sourycom@gmail.com magazinesurface.ca RÉDACTION Maria Deschamps Pierre Hébert René Laprise Ousséma Ben Mahmoud Yves Rivard Marcel Soucy RÉVISION Carole Hébert IMPRESSION Publications 9417 Ce magazine est imprimé sur un papier certifié FSC® recyclé 30 % postconsommation. TIRAGE 4 000 exemplaires DÉPÔTS LÉGAUX Bibliothèque nationale du Canada ISSN1490-8417 Bibliothèque nationale du Québec Envoi de publication Convention no 40027121 Le magazine Surface est l’organe d’information de l’industrie du couvre-plancher au Québec. Il est publié quatre fois par année à l’intention des architectes, fabricants, distributeurs, designers d’intérieur, détaillants, décorateurs et poseurs. Les opinions exprimées par les collaborateurs n’engagent qu’eux-mêmes et les annonceurs conservent l’entière responsabilité du contenu et de la forme de leur publicité paraissant dans la revue. Toute reproduction d’articles ou d’illustrations doit clairement mentionner la provenance de cette information. MOT DE L’ÉDITEUR Une semaine consacrée au design. 8 DOSSIER Avant-goût de la Semaine Design de Montréal. 10 CHRONIQUE CENTURA Optez pour la céramique recyclée. 20 PORTRAIT Pierre Sauvé : l’homme de fer du plancher. 24 NOUVEAUTÉ La collection Grand manoir de Beaulieu. 30 NOUVELLE DE LA FQRS Dévoilement de la bible des normes et règlements d’installation. 31 ENTREPRISE Le papier peint n’a pas dit son dernier mot. 34 COUVERTURE Présentation de l’un des stands de l’exposition Salon Complètement Design 2025. En 2026, les organisateurs de cette exposition vont beaucoup plus loin en présentant la Semaine Design de Montréal, qui se tiendra du 28 avril au 7 mai à plusieurs endroits de Montréal. Pour obtenir plus d’information, allez en p. 10. ÉVÉNEMENT Toute la lumière sur le congrès Flordeco. 40 TENDANCES RÉNOVATION Évolution de la rénovation en 2026. 46 ARCHITECTURE ET DESIGN Mellm Manoir-des-Trembles : sobriété et responsabilité environnementale. 52 CHRONIQUE SIKA Du nouveau en matière de peinture. 56 ÉVÉNEMENTS 2026 Des expositions aux quatre coins du monde. 60 SOMMAIRE VOUS INFORME DEPUIS DÉJÀ

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VOL. 42 NO 1 8 VOL. 42 NO 1 9 Nous aurons droit, à la fin du mois d’avril, à une semaine entièrement consacrée au design : la Semaine Design de Montréal. Ce premier numéro de l’année vous livre tous les détails de cette grande fête du design : conférences, exposition, cocktails, sessions design dans des entreprises reconnues par l’industrie, etc. C’est une semaine à ne pas manquer. Pour vous aider à faire des choix éclairés, je vous invite à consulter notre dossier portant sur cet événement majeur, des pages 10 à 19. On le sait tous, les carreaux de céramique font partie des éléments clés à considérer en matière de design d’intérieur. Mais ce que vous ne savez peut-être pas, c’est qu’il est maintenant possible d’allier design et protection de l’environnement. Par exemple, on voit apparaître sur le marché des carreaux de porcelaine fabriqués avec de la matière recyclée. C’est ce que vous explique Ousséma Ben Mahmoud dans sa chronique en p. 20. Une autre façon de protéger l’environnement consiste à produire des revêtements ayant une longue durée de vie. La durabilité s’applique aussi à une importante ressource naturelle de l’industrie des planchers : les ressources humaines. Il y a quelqu’un qui a compris ce principe. Quelqu’un que tout le monde connaît. J’ai nommé Pierre Sauvé. Celui que l’on appelle l’encyclopédie du plancher fête ses 60 ans de carrière cette année. Pour souligner cet impressionnant parcours, nous avons demandé à Yves Rivard de faire le portrait de Pierre. On aurait pu lui dédier l’entièreté de ce numéro tellement il avait de choses à nous raconter. Pour lire cette belle histoire, je vous invite à passer à la p. 24. Pour revenir au design d’intérieur, Maria Deschamps, qui est membre de l’APDIQ et qui travaille au Canada et aux États-Unis, nous propose une incursion dans le monde du papier peint. Sans être boudé, on oublie parfois que ce revêtement devrait faire partie de la boîte à outils de tout bon designer d’intérieur. Maria nous fait découvrir un fabricant de tapisserie qui a vraiment le vent dans les voiles : la compagnie Tempaper. À lire en p. 34. Et si le papier peint vous laisse froid, peut-être que la peinture minérale vous séduira. Il s’agit d’une peinture à base de silicate de potassium qui réagit chimiquement avec le support minéral (chaux, béton, pierre) par un processus de silicification, créant une liaison insoluble et extrêmement résistante. Pierre Hébert vous explique ce qu’est exactement la peinture minérale. Bonne lecture, Marcel Soucy Éditeur PLEINS FEUX SUR LA SEMAINE DESIGN DE MONTRÉAL MOT DE L’ÉDITEUR

VOL. 42 NO 1 10 VOL. 42 NO 1 11 SEMAINE DESIGN DE MONTRÉAL LA PREMIÈRE SEMAINE DESIGN DE MONTRÉAL VOIT LE JOUR Grande nouvelle pour l’industrie de l’architecture et du design au Québec : ce printemps 2026 marque un début dans la culture du design montréalais avec l’arrivée de la première Semaine Design de Montréal, imaginée par Index-Design, organisée par Archi-Design QC et présentée par Tafisa Canada. Pendant dix jours, du 28 avril au 7 mai 2026, Montréal se transforme en capitale du design. Ce temps fort annuel rassemble l’ensemble de l’industrie de l’aménagement et déploie une constellation d’événements et d’adresses incontournables destinés aux professionnels. Le grand public aussi trouvera une occasion unique de découvrir les talents locaux, d’explorer les coulisses de la création et de vivre le design et l’architecture sous toutes ses formes. À travers toute la ville, la programmation investira institutions culturelles, lieux d’exposition, bâtiments emblématiques et espaces de création : expositions, parcours architecturaux, portes ouvertes d’ateliers, mais aussi boutiques de design et de décoration ayant pignon sur rue offriront autant d’occasions de découvrir, d’échanger et de célébrer le design. Événement phare de cette effervescence, le Salon Index-Design réunira 2 500 professionnels le 30 avril 2026 autour du thème In(ter)disciplinés, qui mettra en valeur la découverte, le dialogue et le croisement des talents, des disciplines et des savoir-faire, incarnant pleinement l’esprit interdisciplinaire qui fait écho à l’identité créative de Montréal. LA PROMOTION DU DESIGN, SOUS TOUTES SES FORMES La Semaine Design de Montréal célèbre le design sous toutes ses formes – architecture, design d’intérieur, fabricants, boutiques, créateurs émergents ou établis – tous se rassemblent pour créer une effervescence créative autour de la ville et célébrer, pendant dix jours de festivités, le design local, durable et de qualité. « À l’image de toutes les grandes villes du monde, comme Milan, Paris ou New York, Montréal aura désormais sa Semaine Design (Design Week) qui rythmera la ville chaque année avec une série d’événements dédiés aux professionnels, mais aussi aux amoureux de l’architecture et du design. C’est pour nous et nos partenaires une façon de témoigner du dynamisme et de la créativité des architectes, designers, boutiques, manufacturiers et distributeurs d’ici », affirme Arnaud Granata, président d’Index-Design. Portée par des scènes dynamiques et variées en design et en création, Montréal se distingue par une vitalité créative exceptionnelle. Reconnue Ville UNESCO de design depuis 2006,

VOL. 42 NO 1 12 VOL. 42 NO 1 13 la métropole célèbre cette année vingt ans d’un engagement affirmé envers la créativité, aux côtés d’un nombre restreint de villes à l’échelle mondiale. Cette dénomination trouve aujourd’hui son expression dans un événement consacré au design, pensé à l’échelle de la métropole, un terreau fertile qui appelait naturellement Index-Design et Archi-Design QC à la création d’un événement fédérateur à la hauteur de cette ambition créative. « Trois éditions vibrantes du Salon Complètement Design ont pavé la voie vers la Semaine Design de Montréal, un projet que nous construisons avec passion depuis plusieurs années pour célébrer et faire rayonner l’architecture et le design d’ici, tout en valorisant l’ADN créatif unique de Montréal.», dit Sandra Heintz, directrice générale d’Index-Design, Semaine Design de Montréal. POINT CULMINANT OUVRANT LES FESTIVITÉS : LE SALON INDEX-DESIGN Mobilisation annuelle d’une journée qui revoit les codes des salons traditionnels, le Salon Index-Design est un événement de contact et d’inspiration unique au pays. Le salon montréalais nouvelle génération imaginé par Index-Design a confirmé son approche pionnière dès sa deuxième année SEMAINE DESIGN DE MONTRÉAL en investissant le Grand Quai du Port de Montréal à travers une installation inédite dans le contexte d’un salon professionnel. Depuis, le lieu est à chaque année métamorphosé en une expérience de visite et d’inspiration immersive, pensée pour les professionnels et favorable aux rencontres et aux échanges pour les exposants. Depuis 2021, le salon connecte les professionnels du design et de l’architecture québécois et fait rayonner le design de qualité avec plus de 135 exposants et plus de 5 000 visiteurs, exclusivement des professionnels en aménagement, des acteurs de l’industrie et des médias. Un carrefour pour les prescripteurs et les exposants, le salon réunit marques, fabricants et créateurs partageant une vision engagée du design : exposer des objets choisis et à plus forte composante d’innovation. UN CARREFOUR POUR LES PRESCRIPTEURS ET LES EXPOSANTS : SOYONS IN(TER)DISCIPLINÉS LE 30 AVRIL 2026 Un espace d’exploration et d’échange dédié à la richesse des pratiques en aménagement, chaque édition est une immersion dans une scénographie inédite, en collaboration avec une firme spécialisée en design, évoquant un thème central. Cette année, c’est Humà Design + Architecture qui est invitée à s’exprimer dans l’espace de 37 500 pi2 sur le thème In(ter)disciplinés qui se fait écho à Montréal dans le contexte de cette première Semaine Design. « À Montréal, la volonté d’accueillir la différence et la croiser aux autres savoirs fait partie de son souffle collectif. Nous voulons célébrer la curiosité, l’échange, le mariage des talents et l’esprit indiscipliné qui ose sortir du cadre, repousser les limites et mélanger les pratiques pour créer l’identité d’un objet, d’un moment ou d’une ville », rapporte Lorelei L’Affeter, directrice artistique chez Humà Design + Architecture.

VOL. 42 NO 1 14 VOL. 42 NO 1 15 SEMAINE DESIGN DE MONTRÉAL Expérience éphémère d’une journée le jeudi 30 avril 2026, le Salon Index-Design au Grand Quai du Port de Montréal sera le plus grand rassemblement de la communauté professionnelle de l’architecture et du design de l’année au Québec, avec 2 500 architectes, designers et acteurs de l’industrie, un espace de découvertes porté par une scénographie qui met en valeur les produits exposés et propice à la création de contacts qualifiés. L’espace comportera aussi une agora avec un programme de conférences, un café, un restaurant et un espace de travail. Tout au long de la journée, les visiteurs pourront découvrir de nouveaux produits des exposants et profiter d’une programmation de conférences, discussions, performances artistiques, et terminer par le cocktail de l’industrie en fin d’après-midi. Cette édition comptera 70 exposants, fabricants, manufacturiers et distributeurs, parmi lesquels 30 exposants en revêtements et surfaces : Alkegen (Feltkütur) American Biltrite Arte Cuisine Artmur Béton Johnstone Caesarstone Centura Céragrès Ciot Cleaf Comptoir St-Denis Cosentino Couvre-Planchers Labrosse (CPL) Finsa Freske Hydrotuiles Marie Dooley Mark Krebs Olon Industries Planchers Mirage Planchers Mercier Ramacieri Soligo Shaw Contract Tafisa TORLYS Tumasova Designs Uniboard Unik Parquet Vicostone Woodzco

VOL. 42 NO 1 16 VOL. 42 NO 1 17 SEMAINE DESIGN DE MONTRÉAL AGENDA DE LA SEMAINE DESIGN DE MONTRÉAL Événements pour les professionnels • 28 avril, 9 h 30 : Déjeuner d’ouverture de la Semaine Design de Montréal, présenté par Montoni. Lieu : Maison Molson. Sur invitation. • 29 avri,l 8 h 30 à 17 h 00 : Journée de conférences Index-Design, présentée par Kohler. Avec experts locaux et internationaux en design. Lieu : Musée des beaux-arts de Montréal. Billetterie : www.semainedesigndemontreal.com. • 30 avril, 9 h 00 à 21 h 00 : Salon Index-Design. Exposition, conférences et cocktail. Lieu : Grand Quai du Port de Montréal. Billetterie : www.semainedesigndemontreal.com. • 30 avril, 16 h à 21 h : Cocktail du Salon Index-Design, présenté par Vicostone. Lieu : Grand Quai du Port de Montréal. Accessible à tous les détenteurs de billets du Salon. • 5 mai, 13 h 00 à 15 h 30 : Session design chez Centura : Design graphique et culture visuelle. Cette formation propose une incursion éclair dans l’histoire du design graphique et de la typographie, en mettant l’accent sur leurs liens étroits avec le design d’espace et l’architecture. Lieu : Centura Montréal. Places limitées, sur invitation. • 6 mai, 14 h 00 à 16 h 00 : Session design chez BARIL : Dévoilement de la nouvelle collection avec Marie Saint Pierre. Places limitées, sur invitation. • 7 mai, 16 h 00 à 22 h 00 : Soirée Index-Design 20/200, présentée par CIOT. Clôture festive de la Semaine Design, cette soirée célèbrera également les 20 ans d’Index-Design et le lancement de la 17e édition du tout dernier Guide 200 architectes et designers. Lieu : CIOT. Pour ne rien manquer : Abonnez-vous à l’infolettre Index-Design, la référence pour les professionnels en architecture et design. Événements pour tous, du 28 au 7 mai : expositions, open studios, parcours architecturaux et plus; consultez le programme d’adresses et d’événements à travers la ville au www.semainedesigndemontreal.com.

VOL. 42 NO 1 18 VOL. 42 NO 1 19 SEMAINE DESIGN DE MONTRÉAL ÉVÉNEMENTS POUR TOUS, DU 28 AU 7 MAI : EXPOSITIONS, OPEN-STUDIOS, PARCOURS ARCHITECTURAUX ET PLUS, CONSULTEZ LE PROGRAMME D’ADRESSES ET D’ÉVÉNEMENTS À TRAVERS LA VILLE WWW.SEMAINEDESIGNDEMONTREAL.COM. La Semaine Design de Montréal, imaginée par Index-Design, organisée par Archi-Design QC et présntée par Tafisa Canada.

VOL. 42 NO 1 20 VOL. 42 NO 1 21 CHRONIQUE CENTURA POURQUOI OPTER POUR DES PORCELAINES CONTENANT DE LA MATIÈRE RECYCLÉE! DÉTENTEUR D’UNE MAÎTRISE EN GESTION DES AFFAIRES, AVEC UNE SPÉCIALISATION EN MARKETING, OUSSÉMA BEN MAHMOUD S’EST JOINT À CENTURA EN 2025 EN TANT QU’ASSISTANT EN COMMUNICATIONS ET EN MARKETING. FORT D’UN INTÉRÊT MARQUÉ POUR LE MARKETING, LES RELATIONS PUBLIQUES, LES ENJEUX DU SECTEUR DE LA PIERRE, DANS LEQUEL IL A TRAVAILLÉ AU COURS DES CINQ DERNIÈRES ANNÉES, IL MET À PROFIT SA CRÉATIVITÉ ET SES COMPÉTENCES STRATÉGIQUES POUR CONCEVOIR DES APPROCHES INNOVANTES AU SERVICE DE LA VALORISATION DU SECTEUR. Face aux enjeux environnementaux majeurs de notre époque, le secteur du revêtement mural et de sol, tout comme celui du design d’intérieur, est en pleine mutation. Les matériaux ne sont désormais plus choisis uniquement pour leur esthétique ou leur coût, mais aussi et surtout pour leur impact écologique. Dans ce contexte, les carreaux contenant de la matière recyclée s’imposent comme une solution durable et innovante, capable de concilier performance technique, design contemporain et engagement environnemental. UN IMPACT ENVIRONNEMENTAL CONSIDÉRABLE ET DES PERFORMANCES TECHNIQUES DÉSORMAIS ÉPROUVÉES Les porcelaines à base de matériaux revalorisés sont fabriquées à partir de matières récupérées, comme le verre ou des déchets céramiques issus de la production industrielle. Avec une production mondiale de carrelage dépassant 18 milliards de mètres carrés par an, dont près de 30 % finit en déchets, le recyclage n’est plus une option, mais une nécessité. Choisir des carreaux de céramique intégrant des matériaux recyclés, c’est participer activement à la diminution de l’empreinte carbone du bâtiment. Contrairement aux idées reçues, le recours à des matières recyclées ne signifie aucun compromis sur la qualité. Les carreaux fabriqués à partir de matériaux recyclés rivalisent aujourd’hui avec les produits traditionnels et offrent d’excellentes performances en matière de durabilité, de résistance à l’humidité, aux taches et à l’usure quotidienne. Selon leur composition, ils s’adaptent aussi bien aux murs qu’aux sols, aux cuisines et salles de bain, et même à certains espaces extérieurs. Les avancées scientifiques confirment également le potentiel des déchets de carreaux céramiques (WCT) dans la construction. Réduits en poudre fine, ces matériaux riches en silice et en alumine peuvent être utilisés comme substitut partiel au ciment, améliorant la structure du béton sur le long terme tout en diminuant l’usage d’un matériau qui émet un taux élevé de CO₂. Les fragments de céramique concassée peuvent également remplacer le sable et les granulats traditionnels, limitant ainsi la surexploitation des carrières et la dégradation des écosystèmes naturels. LES PRINCIPAUX TYPES DE CARREAUX DE CÉRAMIQUE RECYCLÉS ET LEURS USAGES Les carreaux recyclés se déclinent en plusieurs catégories, chacune répondant à des besoins techniques et esthétiques précis : Céramique en verre recyclé Issues du verre post-consommation (bouteilles, fenêtres), cette céramique est idéale pour les dosserets, murs de douche et piscines. Non poreuse et résistante aux taches, elle offre une surface réfléchissante qui capte la lumière. Son esthétique se distingue par des couleurs vives et brillantes, capables d’illuminer un espace. Carreaux en porcelaine recyclée POUR CONCEVOIR INTELLIGEMMENT! Piscine construite avec de la mosaïque de verre entièrement recyclée.

VOL. 42 NO 1 22 VOL. 42 NO 1 23 CHRONIQUE CENTURA Fabriqués à partir d’anciens éléments en porcelaine et de carreaux de céramique brisés, ils conviennent aussi bien aux sols et murs intérieurs qu’extérieurs, ainsi qu’aux comptoirs. Très durables, résistants aux rayures et à faible absorption d’eau, ils se déclinent en finitions mates, polies ou texturées. Carreaux de céramique recyclés Provenant de carreaux mis au rebut et de déchets de céramique industriels, ils sont parfaits pour les murs de cuisine, de salle de bain et les éléments décoratifs. Leur longue durée de vie et leur résistance à la chaleur et aux taches s’accompagnent d’une large palette de couleurs et de motifs. UNE ESTHÉTIQUE CONTEMPORAINE ET DISTINCTIVE Le recyclage devient un véritable moteur de créativité. Les carreaux recyclés offrent des rendus uniques, impossibles à reproduire avec des matériaux vierges. Ils apportent une signature visuelle forte, authentique et contemporaine, tout en valorisant la matière et son histoire. UN INVESTISSEMENT DURABLE ET PORTEUR DE VALEUR Choisir des porcelaines contenant de la matière recyclée, c’est investir dans des matériaux conçus pour durer. Leur longévité réduit les besoins de remplacement et contribue à augmenter la valeur perçue des projets résidentiels ou commerciaux. Dans un marché où les matériaux durables sont de plus en plus sollicités, cette approche représente un avantage concurrentiel réel. Chez Centura, les produits ReStone se distinguent par une épaisseur de seulement 8 mm, un choix technique subtil, mais aux retombées environnementales majeures. Cette finesse permet de réduire la quantité de matières premières et l’énergie nécessaires à la fabrication, tout en optimisant le transport. Résultat : plus de carreaux par chargement, moins de trajets logistiques et une importante diminution des émissions de CO₂. Par ailleurs, dans un contexte où les certifications de construction écologique telles que LEED et WELL sont devenues des standards incontournables, ReSource s’impose comme un allié stratégique. Composé de plus de 60 % de matériaux récupérés avant consommation et pensé pour limiter la consommation d’énergie et de ressources, ce produit aide les professionnels à répondre aux exigences de ces certifications et à accéder à des projets commerciaux haut de gamme, où performance environnementale et design vont de pair. CONSTRUIRE EN PHASE AVEC LES VALEURS D’AUJOURD’HUI Construire ou rénover ne se limite plus à une question d’esthétique. Les carreaux recyclés incarnent une démarche consciente, responsable et tournée vers l’avenir. En utilisant des matières recyclées, le secteur du bâtiment boucle la boucle et pose les fondations d’une construction plus respectueuse de l’environnement. Pour conclure, les carreaux recyclés ne sont pas seulement un choix écologique : ils représentent une vision moderne de la construction; c’est redonner du sens à ce qu’on fabrique, à ce qu’on garde et à ce qu’on transmet, là où performance, design et durabilité avancent enfin dans la même direction.

VOL. 42 NO 1 24 VOL. 42 NO 1 25 PORTRAIT ET ENTREVUE PIERRE SAUVÉ : 60 ANS DE BONS ET PRÉCIEUX SERVICES! par Yves Rivard Il y a exactement 60 ans, en février 1966 pour être plus précis, un jeune homme dynamique faisait ses débuts dans l’industrie du revêtement de sol. Toujours actif en 2026 au sein de ce même secteur d’activité, Pierre Sauvé a accepté de se prêter à l’exercice de l’entrevue carrière et de répondre à nos questions portant sur les grandes étapes qu’a connu l’industrie au long de ces six décennies. Portrait d’un homme qui s’est rapidement découvert une vocation. « Tout débute lorsque je décroche mon premier emploi de représentant au sein de l’industrie, plus précisément chez Amtico, une division de la compagnie American Biltrite, basée à Sherbrooke. Mon travail ne relevait pas tout à fait de la vente, comme cela peut l’être au niveau des distributeurs avec des commandes à récupérer, mais était plutôt une fonction de représentation auprès des architectes et des entrepreneurs en construction, d’offrir après des distributeurs des présentations et de la formation au sujet des produits », révèle M. Sauvé. Quelques années plus tard, en 1974, ce dernier décide d’explorer une autre avenue du créneau des revêtements de sol en se lançant dans une nouvelle aventure. « J’ai choisi de quitter la production, le manufacturing, pour devenir entrepreneur spécialisé dans le couvre-plancher. Une fonction que j’occuperai jusqu’en 1977, et qui m’a permis de comprendre globalement la réalisation d’un projet de construction, du chantier aux planchers en passant par le stress des sous-traitants, de la pression des entrepreneurs généraux et les besoins des architectes. Ce qui fait en sorte que je retourne chez Amtico en 1978 à titre, cette fois, de directeur régional », se souvient Pierre Sauvé, qui ajoute du même souffle acccéder en 1981 au poste de directeur national des ventes et du marketing. Mais, devant les hauts faits de M. Sauvé, la haute direction américaine décide de commencer des échanges de produits entre les deux divisions. M. Sauvé à ce sujet : « Cela a été très bénéfique pour les deux entités et pour ma connaissance globale de l’industrie. Ce poste m’a permis de découvrir le marché américain, de participer au développement de l’offre. Une excellente expérience », confirme-t-il. ÉVOLUTION, OPTIMISATION, INTERNATIONALISATION C’est aussi à cette époque que le marché change, évolue. « J’ai, par exemple, été témoin du passage des dalles de vinyle-amiante (TVA), fiables et faciles à usiner, à des produits substituts, des vinyles de composition, et ce, de manière assez fluide, se remémore M. Sauvé. C’est aussi à peu près au même moment que nos relations s’internationalisent, notamment avec un fabricant européen. Il était question d’échanges de produits et de technologies. Tout se passait vraiment très bien. » Tellement bien, en fait, qu’en 1990, Pierre Sauvé joint les rangs de cette entreprise européenne, les Industries Gerland, en tant que directeur général pour les marchés canadien et américain. Quelques années plus tard, cette société devient mondialement connue sous le nom de Gerflor. Cette nouvelle opportunité se poursuit jusqu’en 2011, pour se transformer en 2015, en conseiller au secteur des ventes. « J’y effectuais de l’animation, de la formation, notamment auprès des nouveaux employés et des représentants des distributeurs américains et canadiens », précise M. Sauvé. Après une expérience des plus enrichissantes et après avoir fait preuve d’un grand dévouement, 25 ans au compteur chez Gerflor, rappelons-le, Pierre Sauvé décide de répondre à une offre du distributeur Centura, qu’il connaissait bien du temps d’Amtico et de Gerflor. « Une autre belle entreprise, mentionne ce dernier, qui venait d’acquérir de nouvelles gammes de produits et qui désirait que je les accompagne dans le développement et le lancement de celles-ci au sein du marché canadien. Ce que j’ai fait pendant un an. Mais, il faut savoir que j’avais déjà pris deux retraites, soit en 2011 puis en 2015! Et là, au terme de cette période chez Centura, j’allais prendre ma troisième retraite. » NON À UNE TROISIÈME RETRAITE! Un vœux pieux qui n’allait pas résister à une rencontre importante, comme l’explique le principal intéressé. « Nous sommes en 2016, et j’accepte un mandat pour l’entreprise InterSource Trading Corp, un des plus importants importateurs de produits LVP, LVT et SPC, des revêtements de sol en vinyle, de structure rigide, imperméables et durables, mandat que je réalise toujours après dix années de service, dans un contexte de marché en pleine expansion. Il faut savoir que la demande pour ces produits a vraiment explosé, vu leurs qualités dans le remplacement de tapis, de prélart et de solutions flottantes ou collées. J’agis en tant qu’animateur et formateur auprès des distributeurs, à travers nos deux réseaux de distribution canadiens », note M. Sauvé. J’ai vraiment apprécié toutes ces années d’animation et de formation, dans un contexte de valorisation du français, conclut le spécialiste au long cours. Pierre Sauvé en 1989.

VOL. 42 NO 1 26 VOL. 42 NO 1 27 PORTRAIT ENTREVUE Ligne du temps d’une vie et d’une industrie Surface : Vous êtes dans une position privilégiée, soit celle d’un observateur et d’un acteur d’une industrie qui a connu de multiples changements et triomphé de plusieurs obstacles majeurs. D’une manière presque chronologique, abordons certaines de ces étapes importantes. Vers la fin des années 60, les ménages québécois commencent à disposer de budgets plus importants pour leur résidence. Le revêtement de sol, alors souvent relégué au titre d’investissement purement fonctionnel, commence à offrir plus de possibilités et réussit à se qualifier à titre d’investissement esthétique, susceptible d’avoir un effet sur la valeur d’une résidence. D’où son essor. Quelques mots à ce sujet. Pierre Sauvé : J’ai effectivement été témoin de ce changement. Que ce soit dans les maisons, les hôpitaux, les commerces, les coloris ont commencé à émerger dans la décoration globale. Les manufacturiers ont donc dû répondre à cette nouvelle réalité en produisant des dalles et des rouleaux dans l’air du temps. Par exemple, on a commencé à voir des revêtemens de sol de coloris avocat, bleu pâle et à motifs, pour s’accorder avec la céramique murale, les accessoires et les appareils ménagers. C’était aussi l’époque des grands stocks. Mais, avec la crise du pétrole de 1982, la donne a changé, ce qui a donné lieu à la formule livraison juste-à-temps. S. : Vous avez aussi vu l’arrivée des revêtements de caoutchouc et des produits de vinyle du futur à un moment bien particulier… P.S. : Effectivement. Ces produits ont connu un grand essor, plus particulièrement dans le cadre de la tenue des Jeux Olympiques de Montréal en 1976. La demande pour des caoutchoucs à pastille émanait de partout. On les installait dans les entrées et dans les allées d’endroits à trafic intense. Des vinyles purs en dalles étaient aussi en grande demande lors de leur arrivée sur le marché à cette époque, tout comme l’importation européenne des rouleaux, des homogènes et des hétérogènes qui constituaient d’excellents revêtements de sol. C’est aussi à ce moment qu’on note l’arrivée, en Amérique du Nord, des produits sans cirage visant le secteur commercial. Il en existait pour le créneau résidentiel, mais là, c’était une grande nouveauté. C’est également à cette période que la notion d’analyse du cycle de vie utile d’un produit commence à se frayer un chemin dans le vocabulaire de l’industrie. On comparait des produits sans cirage et à entretien minimal à d’autres qui comptaient deux ou trois couches de cire et/ou de scellant et d’entretien par vaporisation. Cela a vraiment changé le marché. Tout à coup, on découvrait des produits aux vertus antimicrobiennes, des produits qui aidaient à réduire les infections nosocomiales, sont des infections contractées lors de soins dans un établissement de santé (hôpital, clinique, centre d’hébergement), absentes à l’admission. En bref, ils empêchaient les microbes de se nourrir des cires et autres produits. Donc, à la nouveauté de l’analyse du cycle de vie utile d’un produit s’ajoutaient des propriétés sanitaires. Sans oublier le marché résidentiel avec de nouveaux produits tels que ceux à endos textile pour des installations en pose libre. Soudainement, le revêtement de sol accédait à un nouveau statut, ce qui a évidemment eu une influence sur la manière de présenter nos produits. S. : Vous avez aussi vu deux crises économiques secouer l’industrie de manière importante, soit celle de la récession 1990-1993, puis celle des subprimes 2007-2008. P.S. : Effectivement. Dans les deux cas, le milieu s’est adapté. Il a fallu s’ajuster côté fabrication et tenue de stocks. Les gouvernements ont aidé en lançant des phases de projets d’infrastructures, dont plusieurs ont stimulé les ventes de l’industrie du revêtement de sol, notamment de nouveaux planchers pour hôpitaux, centres d’hébergement, résidences pour retraités, gymnases scolaires, etc. Tout ça a beaucoup aidé. S. : C’est aussi les années qui voient l’implantation des magasins à grande surface au Québec, qui auront un fort impact sur l’industrie du détail, en particulier. Vos impressions sur cette offre qui vient changer la donne à plusieurs niveaux? P.S. : Ça a été assez apeurant, cette arrivée. Mais les marchands se sont regroupés et ont formé des groupes d’achat, tels que les Flordeco et Déco Surfaces. Ils ont su capitaliser sur leurs forces, soit le service-conseil et des équipes de poseurs. En faisant comprendre que même les meilleurs produits ont besoin d’être bien installés pour performer, ils ont réussi à conserver leur place sur le marché. Les fabricants ont répondu en bonifiant leurs directives d’installation, une information relayée

VOL. 42 NO 1 28 VOL. 42 NO 1 29 PORTRAIT parmi les distributeurs et les entrepreneurs afin d’assurer qu’elles se rendent jusqu’au poseur. À ce sujet, il est intéressant de voir que la FQRS a récemment adopté le Programme d’assurance qualité de la National Floor Coverings Association of Canada (NFCA), son équivalent dans l’Ouest du Canada. Il s’agit d’une belle optimisation, que je salue. S. : L’arrivée d’Internet a certainement dû apporter son lot de changements. Le client arrive beaucoup mieux préparé et peut souvent même commander en ligne. Votre avis? P.S. : La distribution en a été dérangée, c’est clair. Mais, c’est la nouvelle réalité, et ils doivent s’adapterr. Internet nous a appris que les professionnels, les détaillants et les consommateurs se renseignent désormais avant de prendre une décision. Qualité, garantie, spécificités : tout est pris en note. Quand un représentant se rend devant un architecte ou un designer ou qu’un consommateur se présente chez un commerçant, il doit en savoir davantage que ces derniers, il doit devenir leur professeur. S. : Bien sûr, la plus grande menace fut certainement la pandémie, plus particulièrement les périodes de confinement, qui ont complètement rebrassé les cartes. Le COVID-19 n’a pas simplement ralenti l’économie, mais pour plusieurs, l’a complètement arrêtée. Bref, le test ultime en matière de gestion entrepreneuriale. P.S. : Beaucoup moins de déplacements, de présentiel pour la formation. Moins de contacts humains. Plusieurs leçons ont été tirées de cette période, notamment en matière de réduction des coûts, en coupant dans les déplacements. Il faut souligner qu’avec la pandémie, la crise du transport est aussi venue toucher grandement l’industrie, notamment celui en provenance d’Asie. Les coûts de livraison ont explosé. On recensait des hausses des chiffres de ventes annuelles, mais ceux-ci découlaient directement de la hausse des coûts de transport. Plusieurs ont dû restructurer leurs entreprises, d’autres ont fermé leurs portes. Je cite la maxime populaire : quand passe la tempête, c’est le bois mort qui tombe. Une bonne leçon, qui nous sert encore aujourd’hui. S. : D’autres venues de produits importants ont jalonné votre parcours professionnel… P.S. : Oui. L’arrivée des nouveaux SPC et l’amélioration des LVP et LVT, qui existaient déjà depuis les années 60, ont aussi connu une grande popularité à partir du début des années 80, car la grande qualité demeurait, mais à un prix plus abordable. Il faut souligner que dans ce type de revêtement de sol, bien que la technologie ait été développée par les Européens, ce sont aujourd’hui les Chinois qui mênent le marché, avec au moins 20 ans d’avance sur les Américains et les Européens. À preuve, la majorité de ces entreprises manufacturières ont délocalisé leur production en Chine ou comptent sur des entreprises chinoises pour assurer leur production. S. : De biens bons mots envers des manufacturiers chinois qui, comme vous le savez, traînent des réputations fort négatives de plagiaires, de spécialistes de la contrefaçon, et au point d’être persona non grata dans plusieurs salons internationaux spécialisés, où on leur refuse toute participation. P.S. : Oui. Les LVT, qui venaient seulement en format 12 x 12 po, étaient alors des produits de luxe, comme le souligne leur appellation Luxury Vinyle Tiles. À cette époque, les architectes stipulaient que s’ils désiraient du bois dans leurs projets, ils en sélectionneraient du beau et du vrai. Mais le marché a changé, une certaine rareté s’est installé et les prix ont augmenté. Les entreprises chinoises qui ont copié les LVT/LVP ont optimisé leur rendu, les évocations de bois étaient saisissantes par leurs détails pour le rendu des essences, des grainages, du mouvement et de la reproduction des coloris. L’esthétique et la qualité étaient au rendez-vous. Les Chinois ont aussi intégré le système de verrouillage pour les produits flottants tels que les récents SPC et grandement optimisé la qualité des laminés, qui effectuent d’ailleurs un retour important le marché. S. : Le futur de l’industrie, selon vous, dans un contexte fortement secoué par l’effet des tarifs américains, l’effet chinois, l’effet russe, l’effet BRICS et l’effet socialiste-communiste, spécialisé dans le disruptive, soit la perturbation de toute chose relative à l’Occident et au capitalisme? P.S. : Difficile à quantifier et à qualifier alors que nous sommes dedans. Je constate que les rouleaux, dont ceux destinés au secteur de la santé, proviennent encore d’Europe, et que la Chine et l’Inde n’ont pas encore envahi ce marché. Le marché des vinyles de composition existe encore à moindre échelle et ne sera pas éliminé, selon moi. S. : Au fil des ans, vu vos hauts faits et votre réputation, on vous avait donné quelques surnoms; c’est exact? P.S. : Oui. Quand j’ai commencé à traiter avec nos voisins du Sud, on m’avait surnommé Pierre the ultimate selling machine, et pendant 25 ans, chez Gerflor, on m’appelait Le Magicien. Récemment, peutêtre à cause de l’âge et de l’expérience, on me surnomme L’Almanach, La Référence ou encore La Mine d’or aux cheveux d’argent. J’ai contribué à travers mes différents postes à la mise en place d’un bon vocabulaire français au sein de notre industrie. C’était pour moi très important et j’ai adoré être en mesure de le faire. Le jeune Pierre Sauvé en 1966.

VOL. 42 NO 1 30 VOL. 42 NO 1 31 NOUVEAUTÉ LÀ OÙ LA BEAUTÉ INTEMPORELLE RENCONTRE LE RAFFINEMENT MODERNE La nouvelle collection Grand manoir de Beaulieu redéfinit ce qu’un couvre-plancher SPC peut offrir en matière de design. Avec une construction robuste de 8 mm et 12 styles soigneusement sélectionnés, cette collection répond à la demande croissante pour des produits esthétiques, confortables et performants. Chaque planche large est dotée de biseaux pressés, d’un fini mat et d’un emboutissage enregistré qui reproduit fidèlement le grain du bois. Inspirée de l’élégance discrète des maisons patrimoniales, la palette de couleurs de Grand manoir présente des naturels chaleureux, des bruns doux et des gris taupe sélectionnés pour les espaces québécois d’aujourd’hui. CONÇU POUR LE MARCHÉ D’AUJOURD’HUI Format plus épais. Performance plus intelligente. Grand manoir répond à la demande du marché pour des couvre-planchers SPC plus épais et plus réalistes. Chaque caractéristique technique est pensée pour simplifier les installations, améliorer la durabilité et offrir plus de confort aux propriétaires, détaillants et installateurs. • Un SPC haute densité de 8 mm pour une durabilité et une stabilité dimensionnelle accrues. • Planches larges de 9 po x 72 po avec biseaux pressés, fini mat et texture embossée synchronisée pour un réalisme supérieur. • Installations continues jusqu’à 392 m² (4 225 pi²) sans mou-lures de transition. • Endos de liège et système de verrouillage Välinge 5G pour une installation rapide et sécurisée. • En stock et prêt à expédier du Québec pour des délais réduits.

VOL. 42 NO 1 34 VOL. 42 NO 1 35 ENTREPRISE Il y a un plaisir discret à transformer un espace, et Tempaper & Co. simplifie ce processus avec élégance. Grâce à son papier peint autocollant facile à poser et à retirer, la marque apporte style et confort sans engagement à long terme. Les motifs, textures et finis personnalisables offrent aux utilisateurs la liberté de personnaliser une pièce de manière à la fois fraîche et réfléchie, avec des résultats presque instantanés. Pour en savoir plus sur la façon dont Tempaper redéfinit notre rapport au papier peint, j’ai discuté avec les fondatrices de l’entreprise, les sœurs jumelles Jennifer Matthews et Julia Au. MARIA : Parlez-moi de vos débuts. Comment votre expérience en scénographie a-t-elle influencé votre compréhension du design de surfaces et des applications temporaires? JULIA : Tout est né d’un besoin réel. Sur les plateaux de tournage, nous décorions constamment des espaces de façon temporaire. Un jour, alors que nous devions retirer un papier peint d’un décor, ma tante qui était « set designer » a dit : « Ce serait tellement pratique si un papier peint pouvait être posé facilement et retiré tout aussi facilement. » Nous avons immédiatement compris que c’était quelque chose dont les consommateurs avaient réellement besoin : un produit beau, simple à installer et amovible. MARIA : Utilisiez-vous le produit dans le milieu du cinéma au départ? JULIA : Oui, et encore aujourd’hui. On le retrouve dans des publicités, des films, des événements, même des mariages. Au début, lorsque nous avons lancé la marque avec quelques motifs, nous les avons proposés à toutes les sociétés de production que nous connaissions. Mais il est rapidement devenu évident que l’attrait était beaucoup plus large, et nous avons dépassé ce cadre. C’est toujours excitant de voir nos motifs apparaître à l’écran. JENNIFER : Venir du monde de la scénographie nous a permis de comprendre comment pensent les décorateurs et les designers, et comment ils s’approvisionnent. Nous n’avions pas le budget pour cibler un seul public, alors nous avons dit oui à tout. Salons professionnels, bouche-à-oreille, création du site Web, relations publiques… Julia et moi avons assumé tous les rôles pendant des années. Cette période a façonné notre vision et nous a énormément appris. LE PAPIER PEINT AUTOCOLLANT ULTIME MARIA : Quels ont été les plus grands défis techniques dans le développement du produit? JENNIFER : Au départ, il s’agissait de trouver les bons partenaires. Nous avions besoin d’un fabricant capable de développer avec nous un adhésif qui adhère durablement tout en se retirant proprement. Cela a demandé beaucoup d’essais et d’erreurs. Une fois ce défi relevé, nous avons eu la chance de collaborer avec d’excellents imprimeurs de papier peint, maîtrisant des techniques traditionnelles comme la gravure sur plaque de cuivre. Nous voulions offrir l’intégrité du papier peint classique : texture, métallisés, impression haut de gamme, tout en le rendant accessible, disponible et facile à utiliser. C’est ce qui a réellement bouleversé l’industrie. Avec le recul, même si les tests ont pris environ un an et demi, l’aspect technique a peut-être été le plus simple. L’adhésif devait être suffisamment fort, mais pas trop. Et comme il est recouvert de vinyle, il performe très bien dans les environnements humides — les salles de bain sont ainsi devenues un marché clé. Encore aujourd’hui, on nous demande : « Puis-je l’utiliser dans une salle d’eau? » MARIA : Y a-t-il eu des moments particulièrement difficiles? JENNIFER : Tout le reste ! JULIA : Absolument. Nous avons bâti l’entreprise à partir de nos économies personnelles. Aucun capital de risque, aucun apport massif. Chaque étape a été organique. En tant que manufacturières, nous devions investir dans l’inventaire avant même que les ventes ne suivent, ce qui représentait un risque important. Le véritable défi a été d’atteindre ce point charnière où les revenus soutiennent la croissance, l’embauche et une trésorerie stable. Une fois ce cap franchi, il a été incroyable de voir jusqu’où nous pouvions repousser les limites du papier peint. MARIA : Au-delà du caractère amovible et de la rapidité de transformation (deux avantages majeurs) qu’est-ce que les gens aiment le plus chez Tempaper? La facilité d’installation joue-t-elle un rôle clé? JENNIFER : Absolument. Ne pas avoir à gérer des colles ou des pâtes salissantes est un énorme avantage. Les gens ne se sentent pas intimidés et n’ont pas besoin de faire appel à un par Maria Deschamps Cet article est la version française d’un texte initialement publié en anglais dans le magazine Technology Designer. Julia Au à gauche et Jennifer Matthews à droite, co-fondatrices de Tempaper. « Nous avons bâti l’entreprise à partir de rien, en utilisant nos propres économies. Aucun capital de risque. Aucun apport massif de liquidités. Chaque étape s’est donc faite de manière organique. En tant que fabricants, nous avons dû investir dans les stocks avant que les ventes n’entrent, ce qui représentait un risque important. » — Julia et Jennifer

VOL. 42 NO 1 36 VOL. 42 NO 1 37 ENTREPRISE installateur professionnel. Ma fille de 12 ans a tapissé sa propre chambre! Cette liberté créative et ce sentiment d’autonomie sont très puissants. L’accessibilité a toujours été essentielle pour nous. Nous n’avions pas de programmes traditionnels en livres d’échantillons au départ, alors nous avons misé sur la disponibilité en stock et la présence chez de grands détaillants. Cela permettait au consommateur moyen d’acheter du papier peint sans passer par un designer ni comprendre le système du commerce. Nous voulions que ce soit simple et accueillant pour tous. MARIA : Parlons de votre philosophie de design et de vos collaborations. Vos collections vont de motifs audacieux à des textures très subtiles (ce que j’adore!). Comment abordez-vous la création de nouveaux designs? JENNIFER : C’est un mélange de tout : tendances, recherche et instinct. La saisonnalité joue un rôle important, tout comme le développement produit. Nous nous demandons constamment : quelle catégorie explorer ensuite? Où y a-t-il des manques? Qu’est-ce qui fonctionne bien et que l’on peut approfondir? Ma partie préférée consiste à prendre un succès et à le pousser plus loin : une nouvelle palette, une échelle plus audacieuse, une texture complètement différente. Comme notre produit est amovible, nous avons le luxe d’expérimenter davantage. On peut oser une pièce très mode pour une saison, sans engagement à long terme. Cette liberté fait partie de l’ADN de la marque. Chaque collection est soigneusement équilibrée : des incontournables, des pièces audacieuses et des textures complémentaires. Nous sommes constamment inspirées par les commentaires des clients, les tendances, les opportunités que nous observons, et bien sûr, par ce qui nous enthousiasme personnellement. Notre directrice du design, Amanda Both, et moi dirigeons ensemble les collections Tempaper, y compris toutes nos collaborations avec des designers. C’est un subtil mélange d’intuition, de stratégie et de créativité. « Ne pas avoir à gérer des pâtes ou des colles salissantes est un avantage majeur. Les gens ne se sentent pas intimidés et n’ont pas besoin de faire appel à un installateur professionnel. Ma fille de 12 ans a tapissé sa propre chambre! Ce genre de liberté créative et de sentiment d’autonomie est vraiment spécial. » — Julia et Jennifer MARIA : Parlez-moi de vos collaborations avec d’autres designers. Comment influencent-elles vos collections? JENNIFER : Nous adorons collaborer avec des designers. Ils sont enthousiasmés par ce que nous faisons avec la technologie autocollante et par la fidélité de notre produit au papier peint traditionnel. Chacun apporte son expertise, et le processus devient un véritable dialogue créatif. Nous avons eu la chance de travailler avec des talents extraordinaires, et je suis extrêmement fière des collections que nous avons créées ensemble. Chacun de nos collaborateurs est un designer d’intérieur avec une approche distincte. Jeremiah Brent s’inspire de ses voyages pour créer des espaces très personnels; Bobby Berk et Genevieve Gorder apportent une vision raffinée issue de leur expérience télévisuelle; le duo Novogratz insuffle une énergie urbaine audacieuse. Cette diversité maintient nos collections fraîches et offre une vaste gamme d’options inspirantes. MARIA : Parlons maintenant de personnalisation et de l’avenir du design sur mesure. J’imagine que c’est un défi important, tant sur le plan logistique que technique. JENNIFER : Effectivement, et c’est devenu un axe majeur de croissance pour nous. Nous proposons du papier peint sur mesure depuis un certain temps, mais la demande augmente fortement. Nous avons désormais nos propres imprimantes numériques internes, en plus de partenaires externes. Cela a nécessité des investissements importants et continue de s’étendre. JULIA : Et nous allons encore plus loin. Nous travaillons sur un projet qui permettra aux clients non seulement de personnaliser les motifs, mais aussi de choisir le support. Papier commercial Type II pour un hôtel, autocollant pour une salle de bain, ou papier peint traditionnel non encollé — ils pourront sélectionner le format le mieux adapté à leur projet. Nous prévoyons de lancer cette fonctionnalité sur notre site à l’automne. C’est une étape clé pour rendre la personnalisation encore plus flexible et accessible. MARIA : Vous proposez également des revêtements muraux commerciaux. Est-ce déjà en vente? JENNIFER : Oui. Nous pouvons actuellement fournir notre produit non encollé en qualité commerciale Type I. Pour le Type II et au-delà, c’est également possible, mais notre objectif est de permettre aux clients de choisir directement leur support lors du « Nous proposons du papier peint sur mesure depuis un certain temps déjà, mais la demande est en forte croissance. Nous disposons maintenant de nos propres imprimantes numériques à l’interne et collaborons aussi avec des partenaires externes. Cela a nécessité des investissements importants et l’activité est en pleine expansion. » — Jennifer « Et nous passons à l’étape suivante. Nous travaillons sur un projet qui permettra aux clients non seulement de personnaliser les motifs, mais aussi de choisir le support. » — Julia

VOL. 42 NO 1 38 VOL. 42 NO 1 39 ENTREPRISE processus de personnalisation — autocollant, traditionnel ou commercial. Nous explorons aussi l’intégration de l’intelligence artificielle, notamment pour la prévision et la gestion des stocks. Cela pourrait automatiser le suivi des niveaux d’inventaire, des délais de commande, et bien plus. JULIA : C’est un sujet que nous abordons activement. L’IA nous aidera à optimiser et à faire évoluer nos opérations à mesure que nous grandissons. La demande est clairement là, et nous sommes enthousiastes à l’idée de concrétiser ce projet. MARIA : Parlons de votre outil de visualisation. Il semble très intuitif. Aide-t-il réellement les clients à prendre des décisions plus assurées? JENNIFER : Sans aucun doute. Le principal obstacle exprimé par nos clients était l’incapacité de visualiser le papier peint dans leur propre espace. C’est ce qui nous a poussés à développer cet outil. Aujourd’hui, environ 80 % des utilisateurs téléchargent des photos de leurs vraies pièces pour tester les motifs. Cela montre qu’il ne s’agit pas d’un gadget, mais d’un véritable outil d’évaluation de l’échelle, du motif et du rendu réel. Il joue un rôle majeur dans la décision d’achat. MARIA : Terminons avec le retour en force du papier peint en fibres naturelles, comme le jonc de mer (grasscloth). Pourquoi cet engouement, selon vous? JULIA : Le jonc de mer est intemporel. C’est pourquoi il revient toujours. Nous avons lancé deux collections qui ont connu un immense succès, confirmant qu’il y avait une place pour des versions authentiques et naturelles. Les designers l’adorent. Les propriétaires aussi. Il sublime instantanément un espace. Après des années de couleurs saturées, on observe un retour vers les neutres, la texture et l’apaisement. La maison est redevenue un refuge. Le jonc de mer soutient cette sensation : il est tactile, chaleureux et rassurant. JENNIFER : Nous proposons à la fois des versions naturelles nécessitant une pose traditionnelle, et une version autocollante imitation jonc de mer, où l’encre est rehaussée pour recréer la texture tissée. On obtient ainsi l’apparence et le toucher, mais sur une surface vinyle adaptée aux zones humides comme les salles de bain. MARIA : Un dernier mot sur votre approche de la durabilité et du design responsable? JULIA : La durabilité est au cœur de notre démarche depuis le début. Même si le vinyle a ses limites, nous avons travaillé pour « Nous avons lancé deux collections, et toutes deux ont connu un succès remarquable. Ce succès a clairement démontré qu’il y avait une place pour intégrer du papier peint en fibres naturelles authentiques. Les designers l’adorent. Les propriétaires aussi. Il rehausse instantanément une pièce. » — Julia le rendre aussi sain que possible : sans phtalates, faible en COV, adhésifs à base d’eau, et fabrication aux États-Unis. Nos produits respectent des normes strictes et sont suffisamment sûrs pour les chambres d’enfants. JENNIFER : Nous réfléchissons également à l’après-usage : recyclabilité, responsabilité à chaque étape. Nous introduisons plus de matériaux durables, comme le liège et le jonc de mer. Pour nous, la responsabilité ne s’arrête pas à la production. JULIA : Nos spécialistes en encre mélangent les couleurs à la main pour chaque impression, ce qui explique les numéros de lots et les légères variations. C’est un processus artisanal que nous assumons pleinement; c’est aussi ce qui rend chaque papier peint unique et spécial.

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