VOL. 42 NO 1 28 VOL. 42 NO 1 29 PORTRAIT parmi les distributeurs et les entrepreneurs afin d’assurer qu’elles se rendent jusqu’au poseur. À ce sujet, il est intéressant de voir que la FQRS a récemment adopté le Programme d’assurance qualité de la National Floor Coverings Association of Canada (NFCA), son équivalent dans l’Ouest du Canada. Il s’agit d’une belle optimisation, que je salue. S. : L’arrivée d’Internet a certainement dû apporter son lot de changements. Le client arrive beaucoup mieux préparé et peut souvent même commander en ligne. Votre avis? P.S. : La distribution en a été dérangée, c’est clair. Mais, c’est la nouvelle réalité, et ils doivent s’adapterr. Internet nous a appris que les professionnels, les détaillants et les consommateurs se renseignent désormais avant de prendre une décision. Qualité, garantie, spécificités : tout est pris en note. Quand un représentant se rend devant un architecte ou un designer ou qu’un consommateur se présente chez un commerçant, il doit en savoir davantage que ces derniers, il doit devenir leur professeur. S. : Bien sûr, la plus grande menace fut certainement la pandémie, plus particulièrement les périodes de confinement, qui ont complètement rebrassé les cartes. Le COVID-19 n’a pas simplement ralenti l’économie, mais pour plusieurs, l’a complètement arrêtée. Bref, le test ultime en matière de gestion entrepreneuriale. P.S. : Beaucoup moins de déplacements, de présentiel pour la formation. Moins de contacts humains. Plusieurs leçons ont été tirées de cette période, notamment en matière de réduction des coûts, en coupant dans les déplacements. Il faut souligner qu’avec la pandémie, la crise du transport est aussi venue toucher grandement l’industrie, notamment celui en provenance d’Asie. Les coûts de livraison ont explosé. On recensait des hausses des chiffres de ventes annuelles, mais ceux-ci découlaient directement de la hausse des coûts de transport. Plusieurs ont dû restructurer leurs entreprises, d’autres ont fermé leurs portes. Je cite la maxime populaire : quand passe la tempête, c’est le bois mort qui tombe. Une bonne leçon, qui nous sert encore aujourd’hui. S. : D’autres venues de produits importants ont jalonné votre parcours professionnel… P.S. : Oui. L’arrivée des nouveaux SPC et l’amélioration des LVP et LVT, qui existaient déjà depuis les années 60, ont aussi connu une grande popularité à partir du début des années 80, car la grande qualité demeurait, mais à un prix plus abordable. Il faut souligner que dans ce type de revêtement de sol, bien que la technologie ait été développée par les Européens, ce sont aujourd’hui les Chinois qui mênent le marché, avec au moins 20 ans d’avance sur les Américains et les Européens. À preuve, la majorité de ces entreprises manufacturières ont délocalisé leur production en Chine ou comptent sur des entreprises chinoises pour assurer leur production. S. : De biens bons mots envers des manufacturiers chinois qui, comme vous le savez, traînent des réputations fort négatives de plagiaires, de spécialistes de la contrefaçon, et au point d’être persona non grata dans plusieurs salons internationaux spécialisés, où on leur refuse toute participation. P.S. : Oui. Les LVT, qui venaient seulement en format 12 x 12 po, étaient alors des produits de luxe, comme le souligne leur appellation Luxury Vinyle Tiles. À cette époque, les architectes stipulaient que s’ils désiraient du bois dans leurs projets, ils en sélectionneraient du beau et du vrai. Mais le marché a changé, une certaine rareté s’est installé et les prix ont augmenté. Les entreprises chinoises qui ont copié les LVT/LVP ont optimisé leur rendu, les évocations de bois étaient saisissantes par leurs détails pour le rendu des essences, des grainages, du mouvement et de la reproduction des coloris. L’esthétique et la qualité étaient au rendez-vous. Les Chinois ont aussi intégré le système de verrouillage pour les produits flottants tels que les récents SPC et grandement optimisé la qualité des laminés, qui effectuent d’ailleurs un retour important le marché. S. : Le futur de l’industrie, selon vous, dans un contexte fortement secoué par l’effet des tarifs américains, l’effet chinois, l’effet russe, l’effet BRICS et l’effet socialiste-communiste, spécialisé dans le disruptive, soit la perturbation de toute chose relative à l’Occident et au capitalisme? P.S. : Difficile à quantifier et à qualifier alors que nous sommes dedans. Je constate que les rouleaux, dont ceux destinés au secteur de la santé, proviennent encore d’Europe, et que la Chine et l’Inde n’ont pas encore envahi ce marché. Le marché des vinyles de composition existe encore à moindre échelle et ne sera pas éliminé, selon moi. S. : Au fil des ans, vu vos hauts faits et votre réputation, on vous avait donné quelques surnoms; c’est exact? P.S. : Oui. Quand j’ai commencé à traiter avec nos voisins du Sud, on m’avait surnommé Pierre the ultimate selling machine, et pendant 25 ans, chez Gerflor, on m’appelait Le Magicien. Récemment, peutêtre à cause de l’âge et de l’expérience, on me surnomme L’Almanach, La Référence ou encore La Mine d’or aux cheveux d’argent. J’ai contribué à travers mes différents postes à la mise en place d’un bon vocabulaire français au sein de notre industrie. C’était pour moi très important et j’ai adoré être en mesure de le faire. Le jeune Pierre Sauvé en 1966.
RkJQdWJsaXNoZXIy MjQ1OTU=