Magazine Surface Vol. 42 No 1

VOL. 42 NO 1 46 VOL. 42 NO 1 47 DÉVOILEMENT DES TENDANCES ET COMPORTEMENTS QUI FAÇONNERONT L’INDUSTRIE DE LA RÉNOVATION AU QUÉBEC Appuyé par un sondage auprès de plus de 1 300 utilisateurs et par les données terrain de son réseau de 17 500 entrepreneurs certifiés, Soumission Rénovation dévoile une lecture incontournable du marché : la rénovation au Québec continue de démontrer une résilience remarquable, soutenue par une construction toujours active, un marché immobilier en mouvement et une volonté croissante des Québécois d’investir dans leur mieux-être à domicile. Avec 155 000 projets réalisés en 2025 – pour un total de 889 000 depuis sa création –, la plateforme publie pour une quatrième année consécutive son rapport annuel, une analyse de référence pour comprendre les véritables forces et enjeux en présence. Et les perspectives 2026 captent déjà l’attention : demande résidentielle soutenue, conditions de crédit plus favorables et meilleure disponibilité des entrepreneurs. Tous les indicateurs pointent vers une année particulièrement propice aux rénovations, des projets modestes aux transformations majeures. Un portrait riche en tendances, chiffres clés et signaux forts – conçu pour une vue d’ensemble de l’industrie et offrir un aperçu privilégié de ce qui attend le marché l’an prochain. « MALGRÉ LES CRAINTES, LE MARCHÉ A UNE FOIS DE PLUS DÉMONTRÉ SA RÉSILIENCE » Michel Jodoin, PDG Fondateur de Soumission Rénovation : « L’industrie a connu un début d’année mouvementé, marqué par l’incertitude liée à l’arrivée de Trump en janvier et à la tempête de neige historique de février. Malgré les craintes, le marché a une fois de plus démontré sa résilience, terminant finalement l’année en territoire positif. Avec des taux d’intérêt revenus dans une fourchette neutre, un marché de l’emploi toujours solide et une reprise des demandes pour les architectes et designers d’intérieur, l’avenir s’annonce prometteur. » UNE ÉCONOMIE RÉSILIENTE Malgré l’impact de l’inflation et des tarifs américains, la majorité des propriétaires ayant répondu au sondage affirment avoir maintenu leur projet, même si cela signifiait d’en réduire l’ampleur. Tout au long de l’année, très peu ont choisi d’annuler. Cette stabilité dans le taux de croissance annuel s’explique en partie par le mode de financement : la méthode la plus utilisée demeure l’épargne personnelle, loin devant les prêts bancaires, ce qui réduit l’impact direct des fluctuations à court terme du taux directeur. UNE CORRÉLATION DIRECTE ENTRE L’IMMOBILIER ET LE MARCHÉ DE LA RÉNOVATION Dominik E. Bellehumeur, PDG et co-fondateur d’XpertSource.com : « Le prix de l’immobilier dicte souvent la cadence des marteaux : plus l’achat devient difficile, plus la rénovation devient stratégique. Quand les prix grimpent de 9 % pour une maison unifamiliale, chaque rénovation bien pensée redonne de la valeur à ce qu’on possède, souvent mieux qu’un achat risqué. » Le marché immobilier québécois reste un moteur important des projets de rénovation. La nécessité de travaux liés à l’achat ou à la vente d’une propriété – qu’il s’agisse d’augmenter la valeur de revente ou d’adapter une nouvelle maison – demeure un des déclencheurs majeurs dans le processus décisionnel. Bien que la baisse du taux directeur observée en octobre 2025 n’ait pas eu d’impact immédiat, on prévoit que celle-ci devrait stimuler progressivement les rénovations majeures à mesure que les conditions financières s’assoupliront en 2026. TROIS TENDANCES À SURVEILLER DANS LE COMPORTEMENT DES CONSOMMATEURS Le sondage annuel et l’analyse des coûts réels révèlent trois grandes tendances chez les propriétaires québécois : 1- L’épargne personnelle reste la première source de financement • Plus de 54 % des rénovations sont financées principalement par l’épargne personnelle, quel que soit le montant du projet. • Les projets plus modestes (moins de 10 000 $) sont presque exclusivement autofinancés, tandis que les projets de plus de 50 000 $ combinent souvent épargne et refinancement hypothécaire ou prêt personnel. • L’aide financière de proches et les programmes gouverne- mentaux jouent un rôle marginal, sauf pour compléter certains projets majeurs. 2- Les coûts réels dépassent souvent les attentes • Plus de 40 % des propriétaires sous-estiment le coût d’une rénovation de cuisine ou de salle de bain, même pour des projets de base. La majorité des rénovations de salle de bain dépassent les 10 000 $. • Pour les travaux majeurs comme la toiture, les fondations ou l’agrandissement, plus de 25 % des propriétaires sous- estiment les coûts, souvent supérieurs à 8 000 $ pour une toiture et pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers de dollars pour un agrandissement ou un ajout d’étage. 3- Une planification de plus en plus structurée selon la portée du projet • Cuisine/salle de bain : de 7 000 $ (mise à jour mineure) à 45 000 $ et plus (haut de gamme/luxe) • Toiture : de 8 000 $ pour un bardeau d’asphalte standard à 30 000 $et plus pour une toiture métallique ou membrane moderne • Agrandissements/fondations : de 50 000 $ à 500 000 $ et plus, avec des frais approximatifs de 150 $/pied carré pour la structure d’un garage, et jusqu’à 450 $/pied carré pour un ajout d’étage, incluant la finition. En bref, les propriétaires québécois financent surtout leurs rénovations avec leur épargne, tout en sous-estimant fréquemment les coûts réels, particulièrement pour les cuisines, salles de bain et travaux majeurs. Cette combinaison – autonomie financière, complexité des projets et recherche d’estimations plus justes – renforce l’importance d’une planification rigoureuse qui permet de mieux prévoir les enjeux et de sécuriser l’investissement des ménages. TENDANCES RÉNOVATION

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