Magazine Surface Vol. 42 No 1

VOL. 42 NO 1 26 VOL. 42 NO 1 27 PORTRAIT ENTREVUE Ligne du temps d’une vie et d’une industrie Surface : Vous êtes dans une position privilégiée, soit celle d’un observateur et d’un acteur d’une industrie qui a connu de multiples changements et triomphé de plusieurs obstacles majeurs. D’une manière presque chronologique, abordons certaines de ces étapes importantes. Vers la fin des années 60, les ménages québécois commencent à disposer de budgets plus importants pour leur résidence. Le revêtement de sol, alors souvent relégué au titre d’investissement purement fonctionnel, commence à offrir plus de possibilités et réussit à se qualifier à titre d’investissement esthétique, susceptible d’avoir un effet sur la valeur d’une résidence. D’où son essor. Quelques mots à ce sujet. Pierre Sauvé : J’ai effectivement été témoin de ce changement. Que ce soit dans les maisons, les hôpitaux, les commerces, les coloris ont commencé à émerger dans la décoration globale. Les manufacturiers ont donc dû répondre à cette nouvelle réalité en produisant des dalles et des rouleaux dans l’air du temps. Par exemple, on a commencé à voir des revêtemens de sol de coloris avocat, bleu pâle et à motifs, pour s’accorder avec la céramique murale, les accessoires et les appareils ménagers. C’était aussi l’époque des grands stocks. Mais, avec la crise du pétrole de 1982, la donne a changé, ce qui a donné lieu à la formule livraison juste-à-temps. S. : Vous avez aussi vu l’arrivée des revêtements de caoutchouc et des produits de vinyle du futur à un moment bien particulier… P.S. : Effectivement. Ces produits ont connu un grand essor, plus particulièrement dans le cadre de la tenue des Jeux Olympiques de Montréal en 1976. La demande pour des caoutchoucs à pastille émanait de partout. On les installait dans les entrées et dans les allées d’endroits à trafic intense. Des vinyles purs en dalles étaient aussi en grande demande lors de leur arrivée sur le marché à cette époque, tout comme l’importation européenne des rouleaux, des homogènes et des hétérogènes qui constituaient d’excellents revêtements de sol. C’est aussi à ce moment qu’on note l’arrivée, en Amérique du Nord, des produits sans cirage visant le secteur commercial. Il en existait pour le créneau résidentiel, mais là, c’était une grande nouveauté. C’est également à cette période que la notion d’analyse du cycle de vie utile d’un produit commence à se frayer un chemin dans le vocabulaire de l’industrie. On comparait des produits sans cirage et à entretien minimal à d’autres qui comptaient deux ou trois couches de cire et/ou de scellant et d’entretien par vaporisation. Cela a vraiment changé le marché. Tout à coup, on découvrait des produits aux vertus antimicrobiennes, des produits qui aidaient à réduire les infections nosocomiales, sont des infections contractées lors de soins dans un établissement de santé (hôpital, clinique, centre d’hébergement), absentes à l’admission. En bref, ils empêchaient les microbes de se nourrir des cires et autres produits. Donc, à la nouveauté de l’analyse du cycle de vie utile d’un produit s’ajoutaient des propriétés sanitaires. Sans oublier le marché résidentiel avec de nouveaux produits tels que ceux à endos textile pour des installations en pose libre. Soudainement, le revêtement de sol accédait à un nouveau statut, ce qui a évidemment eu une influence sur la manière de présenter nos produits. S. : Vous avez aussi vu deux crises économiques secouer l’industrie de manière importante, soit celle de la récession 1990-1993, puis celle des subprimes 2007-2008. P.S. : Effectivement. Dans les deux cas, le milieu s’est adapté. Il a fallu s’ajuster côté fabrication et tenue de stocks. Les gouvernements ont aidé en lançant des phases de projets d’infrastructures, dont plusieurs ont stimulé les ventes de l’industrie du revêtement de sol, notamment de nouveaux planchers pour hôpitaux, centres d’hébergement, résidences pour retraités, gymnases scolaires, etc. Tout ça a beaucoup aidé. S. : C’est aussi les années qui voient l’implantation des magasins à grande surface au Québec, qui auront un fort impact sur l’industrie du détail, en particulier. Vos impressions sur cette offre qui vient changer la donne à plusieurs niveaux? P.S. : Ça a été assez apeurant, cette arrivée. Mais les marchands se sont regroupés et ont formé des groupes d’achat, tels que les Flordeco et Déco Surfaces. Ils ont su capitaliser sur leurs forces, soit le service-conseil et des équipes de poseurs. En faisant comprendre que même les meilleurs produits ont besoin d’être bien installés pour performer, ils ont réussi à conserver leur place sur le marché. Les fabricants ont répondu en bonifiant leurs directives d’installation, une information relayée

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