VOL. 42 NO 2 18 VOL. 42 NO 2 19 UN SOL POUR CHAQUE TOIT Le substrat VIVAÔ permet de végétaliser les surfaces de toiture de manière naturelle et efficace. C’est une manière de ramener la nature et la biodiversité en ville et d’optimiser les performances des bâtiments. RESPYRE ET SON BÉTON BIORÉCEPTIF Respyre est une jeune entreprise néerlandaise qui se spécialise dans le développement de nouveaux matériaux de construction innovants, notamment un béton bioréceptif conçu pour favoriser la pousse de la mousse sur les façades urbaines. Cette technologie permet de transformer les surfaces en béton gris en écosystèmes vivants, purifiant l’air et rafraîchissant les villes et aires publiques. Le principe actif des matériaux Respyre est ainsi décrit : le béton bioréceptif Moss Concrete, poreux et texturé, permet aux mousses de s’ancrer facilement sans endommager la structure. Composé jusqu’à 85 % de matériaux recyclés, il atteint son plein potentiel grâce à un gel bio-améliorant qui, une fois appliqué sur le béton, le nourrit, accélère la germination des spores de mousse et maintient l’humidité nécessaire, sans nécessiter de sol ni de système d’irrigation complexe. À noter : la mousse est autonome une fois installée et ne nécessite que très peu d’entretien par rapport aux murs végétaux traditionnels. Il va sans dire que les avantages environnementaux sont nombreux et aptes à faire la différence en chaude saison. La mousse cultivée sur ces façades absorbe le CO₂, capture les particules fines (pollution), améliore l’isolation thermique et réduit l’effet d’îlot de chaleur urbain (jusqu’à 30 % de baisse de température en surface). La technologie de Respyre s’applique aussi bien aux nouvelles constructions qu’à la rénovation, visant à intégrer la nature dans l’architecture urbaine. AVENUES À EXPLORER Du côté des vinyles biosourcés (LVT), des fabricants tels qu’Unilin (propriété de Mohawk Industries), active en Flandres et en France, mérite une mention grâce à sa collection Floorward, qui remplace le remplissage en craie traditionnel par une poudre de coquille d’œuf recyclée. Cela réduit l’empreinte carbone tout en conservant la résistance et l’étanchéité du vinyle. Pour ce qui est du carrelage en terrazzo à base de coquillage, des designers comme Elaine Yan Ling Chen (projet Carrelé) créent des carreaux en agglomérant des fragments de coquillages, avec un liant minéral. Le résultat ressemble à un terrazzo naturel, très résistant et esthétique. Concluons avec les écomatériaux de décoration, où l’on retrouve des initiatives comme celle de Circular Matters, une entreprise basée en Belgique. Celle-ci développe des matériaux biosourcés durables, notamment des panneaux et des solutions de revêtement en biocéramique, en utilisant des sous-produits agricoles et des liants naturels, dans une approche d’économie circulaire. Son produit phare, le CornWall, fait ainsi bon usage du maïs pour produire des carreaux conformes aux normes ISO 14040/14044 et EN 15804+A2. Ils peuvent être produits en trois couleurs différentes : rouge, beige et bleu foncé. Ils s’inscrivent dans une démarche de construction durable, pouvant être utilisés pour des applications intérieures. De tout ce qui précède, un constat s’impose : il existe une grande mouvance internationale vers le biosourcé dans le domaine du revêtement de sol. Une tendance à suivre, il va sans dire. DOSSIER : MATÉRIAUX 2.0
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