Magazine Surface Vol. 32 No 3 - page 45

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SURFACE
• juillet-août-septembre 2016
précise Meven Valy. Plus intéressant encore
est le fait que plusieurs autres ébénistes oc-
cupent l’étage de l’immeuble, une situation
qui permet une collaboration encore plus
grande. « Certaines de ces boîtes ont des
dizaines d’années d’existence et possèdent
des équipements particuliers, souvent de
fine pointe, explique Meven Valy. Par exem-
ple, l’une d’entre elles a acquis une machine
CNC qui permet des coupes rapides de
pièces de 5 x 10 pieds. Lorsque les entre-
prises travaillent sur de gros projets ou des
projets au design unique, il n’est pas rare
d’avoir recours à ces équipements. »
Ce mode de fonctionnement comporte
de nombreux avantages pour la clientèle.
« Travailler en équipe, sans grande struc-
ture administrative, rend le groupe très
flexible et polyvalent. On est comme un
éventail qu’on peut ouvrir au complet, à
moitié ou aux trois quarts, fait valoir Meven
Valy. Le Madrier peut donc travailler sur de
très gros projets pour des entreprises et
orga-nismes autant que sur de plus petits
pour des particuliers. » Il prend toutefois
soin de souligner que pour lui, il n’est pas
question de s’associer à quiconque, mais
plutôt de bénéficier du travail collectif.
« Nous sommes à la fois dépendants et in-
dépendants les uns des autres. Si, en
principe, je suis seul maître à bord dans Le
Madrier, faire affaire avec moi, c’est s’ad-
joindre les services professionnels de tout
un réseau d’artisans qualifiés », note
Meven Valy.
Spécialités : le sur-mesure et le hors-norme
Une telle dynamique et un tel bassin de
ressources permettent évidemment d’offrir
la possibilité de réaliser des projets
uniques, voire carrément hors norme. « En
s’entourant d’autres entreprises en démar-
rage, il est possible de réaliser des projets
allant des plus simples aux plus complexes,
le tout selon une formule de type guichet
unique, incluant la gestion de projet, la
livraison et l’installation, explique le prési-
dent du Madrier. « En vertu de cette culture
collaborative, l’entreprise organise des ate-
liers de co-conception avec le client, et ce,
afin de garantir une parfaite définition des
besoins et des attentes qui sont ensuite
esquissées sur papier. Il faut garder en
mémoire que les projets hors norme sont
bien souvent des commandes de rêve à
réaliser et que le client retient nos services
expressément à cette fin. »
À partir du moment où il accepte un
projet, Meven Valy travaille en amont avec
le client, contrairement à la majorité des
ébénistes qui ne prennent souvent en
charge que l’aspect fabrication. Pour lui, le
fait même d’avoir fondé Le Madrier marque
son intention d’aller bien au-delà de la sim-
ple exécution d’une commande. « Je me
rends sur les lieux, question de bien saisir
les demandes et de les valider en termes de
faisabilité et d’installation. Il importe d’élim-
iner toutes les situations problématiques
actuelles et futures. Je rencontre le client
au moins une ou deux fois pour parler de la
conception, du design, des échéanciers, du
budget. Une approche client qui surprend
souvent et qui satisfait toujours, surtout
qu’elle permet souvent de réduire les coûts,
y compris pour le client. »
« On voit souvent une firme qui engage
une firme qui engage un ébéniste. Le client
ignore tout ou presque du professionnel qui
conçoit sa pièce, en plus de payer pour tous
ces intermédiaires de la chaîne. Avec Le
Madrier, le contact avec l’ébéniste est direct
ou presque. Ma façon de procéder est sim-
ple : si le client a recours à un designer, je
travaille avec le designer, sauf si le client
exprime le souhait d’assister à toutes les
étapes de réalisation du projet, où il est
alors le bienvenu à l’atelier. »
Et celui-ci de citer un exemple concret
illustrant les gains réalisables : « Dernière-
ment, un client m’approche avec un projet
devant être réalisé pour une certaine date.
Il me confie avoir fait le tour de plusieurs
firmes et avoir consulté plusieurs design-
ers qui lui ont certifié l’impossibilité de
mener à terme le projet à l’intérieur de ce
délai. N’ayant pas d’intermédiaire, je lui ai
présenté ma soumission. En trois rencon-
tres avec le designer industriel, qui ont per-
mis d’établir les besoins du client et de les
valider techniquement, nous avons évité les
coûts intermédiaires, les délais de traite-
ment et livré à temps. »
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