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SURFACE
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juillet-août-septembre 2016
désirée par le client, notamment pour la finition. En travaillant le
bois de manière à créer et à répéter certaines cavités, on réussit à
créer des textures comme celle de l’alligator, où l’on peut même
prétendre à réaliser de la sculpture par brûlage. »
Les méthodes et pratiques dans l’art de la carbonisation sont
certes nombreuses, l’important n’étant pas le chemin emprunté,
mais le résultat final. À ce chapitre, on compte plusieurs procédés,
dont celui qui préconise de lier trois planches en une sorte de long
triangle qu’on place debout et à la base duquel on place une source
de feu. Objectif : toujours brûler 1/8 de po. Pour les petites séries, il
est possible d’aménager une source de braises dans lequel on
couchera des planches. Évidemment, dans la plupart des cas, le bon
vieux chalumeau demeure la référence. En général, il faut compter
une dizaine de minutes par planche pour obtenir l’effet désiré. Il
importe ensuite de gratter les résidus de charbon au moyen d’une
brosse, de se protéger les yeux et/ou le visage avec un masque au
besoin, d’arroser avec de l’eau, de bien laisser sécher et ensuite en-
duire généreusementd’huile (lin, abrasin, etc.) pour parfaire la fini-
tion.
Comme le précise M. Riopel, le shou-sugi-ban se distingue égale-
ment par sa grande rapidité d’exécution. Quelques mots à ce sujet :
« En fait, le résultat final est beaucoup plus rapide à obtenir qu’avec
n’importe quelle autre technique traditionnelle. On brûle, on brosse,
on nettoie la surface à grande eau pour enlever les résidus, on huile,
et c’est terminé. Ensuite, on peut huiler de nouveau directement
sur le matériau à tous les 8 ou 10 ans, ou plus. Pas besoin de poncer
de nouveau ou d’une autre opération préparatoire. »
Des possibilités de développement exponentielles
Impossible d’en douter : le shu-sugi-ban fascine. Jour après jour,
Daniel Bellerose constate l’engouement progressif pour ce type de
design. « Je me spécialise officiellement dans ce domaine depuis
un an. J’ai fait très peu de publicité, et déjà les appels d’un peu
partout se multiplient : un projet de gare en Abitibi, une maison
haut de gamme à Lac-Mégantic, un projet de musée à Percé. Au
quotidien, le téléphone sonne de plus en plus. Pour l’instant, les
Projet réalisé à Pointe-St-Charles en collaboration avec l’architecte Matthieu
Schleiss.