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SURFACE
• juillet-août-septembre 2016
contrairement à un cèdre ou un pin naturel
qui aura tendance à grisonner dès la pre-
mière année, le yakisugi ne tournera pas au
gris. Dans certains cas, des reflets bleutés
pourront apparaître après plusieurs années.
Il suffit alors d'appliquer une couche d'huile
naturelle à tous les 8 à 10 ans si l'on veut
conserver le bois totalement noir. Évidem-
ment, lorsqu'utilisé à l'intérieur, le yakisugi
n’exige aucun traitement.
La technique en détail
Au cours des quatre ou cinq dernières an-
nées, les architectes, designers et artisans
ont découvert la technique aux variations
infinies du shou-sugi-ban, suivant en cela la
côte-ouest du Canada et des États-Unis au
début des années 2000. Les grands joueurs
de l’industrie? Delta Mills, au Texas, et Cali-
fornia Woodshop, en Californie.
Traditionnellement, c’est le cèdre (sugi)
qu’on brûle de cette façon, bien que
plusieurs autres essences se prêtent parfai-
tement à cette méthode, comme le souligne
M. Bellerose, qui dit utiliser, selon les de-
mandes du client, le chêne, l’érable et le
merisier. « Je sais que d’autres ont aussi re-
cours au mélèze », ajoute ce dernier. « L’as-
sociation naturelle avec le cèdre s’est faite
sur la base qu’on en trouve beaucoup sur la
côte ouest, explique Pierre Riopel. Il s’agit
d’une essence qui répond particulièrement
bien au brûlage.
« Par exemple, tout l’aspect veiné de ce
bois ressort magnifié par le procédé. Tout
est une question d’objectif de design et de
dosage dans la méthode. Je m’explique. Il
est possible de doser entre plus de pro-
priétés esthétiques et moins de protection
ou plus de protection et un look carbonisé.
Plus ou moins de brossage? Application
d’une huile naturelle? Laquelle? L’huile
d’abrasin ou une autre? Comment optimiser
le grain et le veinage? » Il poursuit : « Ici, la
technique permet l’art, qui est dans la ca-
pacité à trouver la combinaison parfaite
Le bon vieux chalumeau demeure la référence pour la
production de petites quantités de planches.